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Dans les eaux troubles près de l'île croate de Mljet, une épave vieille de plus de 1.300 ans vient de livrer un trésor aussi précieux qu'énigmatique. Après plusieurs années de fouilles et de restauration, les archéologues ont récupéré plus de 600 grammes d'or, sous forme de pièces, de bijoux et d'éléments de parure, rapporte le média Ecoticias. Une question reste sur toutes les lèvres: qui se trouvait à bord du navire et pour quelle raison?
L'épave, nommée Tatinica, a été repérée en 2014 par l'Institut croate de conservation. Neuf campagnes de fouilles sous-marines ont été menées à partir de 2015. Les vestiges reposent sur une pente sableuse, entre des rochers, à une profondeur allant de 32 à 40 mètres.
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Le contenu du navire semble assez inhabituel. Les chercheurs ont découvert quatre ceintures en or, ainsi que des boucles et des embouts de sangle ornés d'émeraudes, de rubis et de perles. Pour Igor Miholjek, archéologue et directeur des recherches, il s'agit de la plus grande quantité d'or jamais découverte sur une épave en Méditerranée. Les accessoires retrouvés appartenaient certainement à de hauts dignitaires de l'Empire byzantin.
Une chevalière en or à l'effigie d'un empereur a attiré l'œil des chercheurs. Elle pourrait avoir appartenu à un responsable de très haut rang au sein du gouvernement ou de l'armée, qui était autorisé à sceller des documents officiels. Pour Pavle Dugonjić, responsable du département d'archéologie sous-marine de l'Institut croate de conservation, la bague «n'aurait certainement pas été portée par n'importe qui».
Les pièces de monnaie émises sous quatre empereurs de la dynastie des Héraclides permettent de préciser l'époque du naufrage: il aurait eu lieu entre la fin du VIIᵉ siècle et le début du VIIIᵉ. Une période particulièrement mouvementée pour l'Empire byzantin, alors soumis à des pressions militaires et territoriales.
La cargaison sème le doute
Cependant, l'hétérogénéité des objets retrouvés surprend. À côté de l'or et des accessoires luxueux se trouvent des amphores, des balances, des jetons en ivoire, un dé, des lingots de plomb, ainsi que des bols, des cruches et des assiettes en bronze ou en céramique. Des indices qui laissent penser que le bateau n'était pas dédié au transport de biens précieux.
Mais pourquoi voguait-il ainsi dans les eaux croates? Plusieurs scénarios sont envisageables. Le navire pouvait transporter une délégation diplomatique, d'où les présents impériaux. Un fonctionnaire fortuné aurait aussi pu voyager à bord d'un bâtiment marchand. Autre hypothèse: certains objets en or plus anciens étaient destinés à être revendus ou transformés. Impossible, à l'heure actuelle, de trancher.
La géographie fournit tout de même un indice. À l'époque, un important couloir maritime reliant la Méditerranée orientale et occidentale passait près de l'île Mljet. Le port de Polače, situé sur l'île, offrait un refuge aux marins en cas de mauvais temps. Les chercheurs soupçonnent que le navire ait sombré alors que l'équipage s'apprêtait à amarrer. Selon Justin Leidwanger, océanographe à l'université américaine Stanford, il s'agit du «naufrage le plus important de l'époque».





























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