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Dans son 3e roman, best-seller de la rentrée littéraire, Alissa Wenz retrace l'émancipation de Mel Bonis, l'une des plus grandes artistes sarcelloises.
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Par Rédaction Pontoise Publié le 22 déc. 2025 à 12h50
Mel Bonis (1858-1937) a été pour Sarcelles (Val-d’Oise) ce que fut Edith Warthon pour Saint-Brice-sous-Forêt : une immense artiste, virtuose et touchante.
Cette compositrice post-romantique, qui a écrit plus de 200 pièces musicales variées, est un nom connu des élèves de conservatoires et des amateurs de la Belle Époque.
Résistance et résilience
Pourtant, son immense talent – qui a contribué à l’extirper de l’oubli dans les années 1990 – et sa vie – exceptionnelle – auraient mérité d’être connus du grand public.
Dans son 3e roman, Le désir dans la cage, best-seller de la rentrée littéraire, Alissa Wenz répare l’injustice.
L’autrice, elle-même compositrice, a découvert Mélanie dite Mel Bonis en lisant la biographie que lui a consacrée Christine Géliot (arrière-petite-fille de la compositrice du chef-d’œuvre Églogue).
J’ai eu le sentiment d’une rencontre. J’ai été happée par sa musique, son destin contrarié, sa ténacité, son courage.
Comme dans ses deux premiers romans À trop aimer (2020) et L’homme sans fil (2022), elle dévoile un personnage résistant qui tente de conquérir un espace de liberté malgré un carcan.
Ses 300 pages, fidèles à la vie de l’artiste sarcelloise sans tomber dans la biographie, sont captivantes.
Le lecteur y découvre l’intériorité fiévreuse et fougueuse d’une personnalité hors norme.
Dans ce projet mené durant deux ans et demi, j’ai souhaité montrer ce qui la faisait palpiter et comment elle vibrait. Cela m’a mené dans une forme d’empathie et de recherche de compréhension. Mon roman, intimiste, est une rencontre plutôt qu’un portrait et je mène mon récit à la 2e personne du singulier.
Composer et aimer
Alissa Wenz y raconte « sa » Mel Bonis dans un univers qui rappelle Voleuse (son récent album musical) par son urgence de vivre et d’aimer, sa cruauté sociale et sa révolte intime.
En découvrant la musique à 6 ans, Mel Bonis a trouvé un élan de vie en réponse au silence de la mort de sa sœur Clémence.
Plus tard, pour qu’elle épouse un riche entrepreneur, sa famille la poussa à abandonner ses prometteuses études musicales au Conservatoire de Paris où elle côtoyait un certain Debussy et à rompre avec Amédée-Louis Hettich (l’amour de sa vie).
Nouveau traumatisme.
Malgré sa vie assignée de mère et épouse, Mel Bonis a toutefois trouvé le moyen de composer et d’aimer selon son cœur, de s’exprimer et d’exister.
Une leçon de résilience, universelle.
Julien BIGORNE
Le désir dans la cage, d’Alissa Wenz. Éd. Les Avrils. Tarif : 22€.
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