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Cet oiseau est-il vraiment le plus dangereux du monde?

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Le casoar n'est pas n'importe quel oiseau. Ce volatile, qu'on retrouve majoritairement en Australie, peut atteindre jusqu'à 1m70, peser 80 kilos, faire des bonds de deux mètres et courir à plus de 50 kilomètres à l'heure. Troisième plus grand oiseau du monde, il peut également infliger de graves blessures grâce à ses griffes mesurant jusqu'à 12 centimètres. Descendant direct des dinosaures théropodes, il en garde effectivement un petit air. En résumé, on n'a pas trop envie de tomber face à face avec lui dans une ruelle. Mais mérite-t-il vraiment cette étiquette d'oiseau le plus dangereux du monde?

Selon les scientifiques, ce serait largement exagéré et le pauvre oiseau fait les frais de cette mauvaise réputation. Comme le rapporte le National Geographic, les attaques de casoars sont extrêmement rares et surviennent le plus souvent lorsque les oiseaux se défendent ou lorsqu'ils ont été habitués à être nourris par l'homme.

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Si les casoars peuvent gravement blesser, ils ne sont pas naturellement agressifs. Une étude portant sur 150 attaques sur des humains signalées dans le Queensland (Australie) révèle que, dans la majorité des cas, les oiseaux attaquaient pour défendre de la nourriture, leurs poussins ou leurs œufs, ou lorsqu'ils se retrouvaient acculés. Dans 75% des cas, les victimes avaient auparavant nourri les oiseaux et s'en étaient trop approchées.

«Les casoars associent alors les humains à la nourriture, ce qui modifie leur comportement naturellement craintif», explique Beverly McWilliams, autrice d'un livre sur le sujet, Cassowary Dad. En comparaison, les crocodiles tuent environ 1.000 personnes et les hippopotames près de 500 chaque année. Alors que les casoars n'ont causé que deux décès depuis 1926. Ces oiseaux présentent aussi une organisation familiale singulière. Les mâles sont de vrais papas poules: ce sont eux qui couvent les œufs et élèvent seuls les poussins pendant dix-huit mois.

Des protecteurs de leur écosystème

Cet oiseau spectaculaire occupait une place centrale chez les peuples autochtones de Nouvelle-Guinée, chassé pour sa viande mais aussi pour ses os et ses plumes, utilisés dans la confection d'ornements rituels. Il est omniprésent dans la mythologie animiste locale ainsi que dans les chants et les cérémonies traditionnelles. On a retrouvé des traces du casoar dans des artefacts vieux de 9.000 ans. Marchant sur deux pattes sans pouvoir voler, ils sont décrits comme des êtres à mi-chemin entre le monde humain et animal. Certains mythes le dépeignent comme une créature mystique capable de se transformer en humain.

Sur le plan écologique, les casoars constituent une espèce cruciale au sein des forêts tropicales d'Océanie. En consommant des fruits entiers et en dispersant les graines sur de longues distances, ils assurent la régénération de la forêt. Certaines plantes, comme la Ryparosa kurrangii, dépendent presque entièrement de la digestion aviaire pour germer efficacement. En effet, sans passage dans le système digestif du casoar, seulement 4% des graines germent, contre 92% après avoir été digérées par le volatile.

Néanmoins, cette espèce est mise en danger par l'homme, victime à la fois de la destruction des habitats, des collisions routières et également des attaques de chiens. En Australie, le casoar à casque est même menacé d'extinction; on en compterait seulement 5.000 aujourd'hui.

Afin de parer à cette extinction progressive, les autorités et les associations du Queensland ont mis en place des mesures de protection: signalisation routière, sensibilisation destinée aux propriétaires de chiens, éducation locale, réhabilitation des casoars blessés et restauration des forêts.

Les experts sont unanimes: réduire le casoar à un animal dangereux nuit à sa conservation. Mieux le comprendre est essentiel pour assurer la survie de ce majestueux oiseau, véritable pilier des écosystèmes tropicaux. «Présenter les casoars comme simplement dangereux et agressifs est injuste et potentiellement nuisible pour un animal qui a besoin de protection», conclut Beverly McWilliams.

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