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Cessez-le-feu enterré, cours du pétrole en hausse... Ce que l'on sait de la reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran

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Publié le 08/07/2026 12:58

Temps de lecture : 3min

Le président américain Donald Trump, à Ankara (Turquie), le 8 juillet 2026, en marge d'un sommet de l'Otan. (FILIP SINGER / AFP) Le président américain Donald Trump, à Ankara (Turquie), le 8 juillet 2026, en marge d'un sommet de l'Otan. (FILIP SINGER / AFP)

Les Américains ont mené dans la nuit de mardi à mercredi leur plus importante opération militaire en Iran depuis l'accord conclu le 17 juin. "C'est simplement une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a affirmé Donald Trump.

Les bombes pleuvent à nouveau, moins de trois semaines après un cessez-le-feu censé mettre fin à plusieurs mois de guerre au Moyen-Orient. Dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 juillet, Washington et Téhéran ont échangé des frappes d'une ampleur inédite depuis la signature de leur protocole d'accord du 17 juin.

Alors que les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir rompu leurs engagements, les tensions se concentrent désormais autour du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole. Cette nouvelle séquence laisse craindre un enlisement du conflit et une reprise de la guerre, alors même que les funérailles de l'ayatollah Ali Khamenei se poursuivent et entrent dans leur troisième jour. Voici ce que l'on sait de ces nouveaux bombardements.

Les Etats-Unis frappent plus de 80 cibles en Iran

Washington affirme avoir lancé mardi soir une vaste opération militaire contre plus de 80 cibles sur le territoire iranien. Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), les frappes ont visé des systèmes de défense antiaérienne, des centres de commandement et de surveillance, des radars côtiers, des capacités de missiles antinavires ainsi que plus de 60 embarcations rapides appartenant aux Gardiens de la Révolution dans le détroit d'Ormuz et ses alentours.

Les autorités américaines présentent cette opération comme une riposte aux attaques ayant visé, la veille, trois navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz. Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a estimé mercredi que ces frappes étaient "absolument nécessaires", jugeant "totalement crucial que les Etats-Unis réagissent avec fermeté".

Après ces frappes américaines, les Gardiens de la Révolution ont annoncé la mort de l'un de leurs membres près de Bandar Mahshahr, dans le sud-ouest de l'Iran. Selon leur service de communication, le militaire a été tué lors d'une confrontation avec des drones ennemis.

L'Iran revendique des attaques contre des bases américaines

Quelques heures après les bombardements américains, Téhéran a annoncé à son tour avoir lancé une vaste opération de représailles. Les Gardiens de la Révolution affirment avoir frappé 85 installations situées sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn à l'aide de missiles et de drones. L'armée iranienne indique notamment avoir ciblé la base aérienne de Cheikh Isa (Bahreïn) "en représailles à l'agression de l'ennemi américain" et à ce qu'elle considère comme une violation du protocole d'accord signé le 17 juin à Versailles.

A quelques centaines de kilomètres de là, les autorités du Koweït ont annoncé avoir activé leurs défenses antiaériennes pour intercepter des missiles et des drones hostiles. Ce petit pays du golfe Persique a par ailleurs condamné mercredi les attaques iraniennes "répétées" sur son territoire, estimant qu'elles compromettaient les efforts de désescalade dans la région.

Donald Trump enterre le cessez-le-feu conclu le 17 juin

Cette reprise des frappes s'est invitée au sommet de l'Otan, qui s'est ouvert mardi à Ankara (Turquie). En marge de la réunion, le président américain Donald Trump a estimé, lors d'une prise de parole entourée de journalistes, que le cessez-le-feu conclu le 17 juin avec l'Iran était désormais "terminé". "En ce qui me concerne, c'est terminé. (...) C'est simplement une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il déclaré, qualifiant également la République islamique de pays "malade" et de "cancer".

Le détroit d'Ormuz revient au centre des tensions

Au cœur de cette nouvelle flambée de violences se trouve une fois de plus le détroit d'Ormuz. En l'espace de vingt-quatre heures, trois navires commerciaux y ont été touchés, selon l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO. Le Qatar et l'Arabie saoudite attribuent deux de ces attaques à l'Iran.

Cette voie maritime est stratégique : près d'un cinquième du pétrole transporté dans le monde y transite habituellement. Le protocole conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran prévoyait une réouverture progressive de ce passage. "Le principe de la liberté de navigation doit être respecté, de sorte que le détroit d'Ormuz soit de nouveau entièrement ouvert", a insisté le secrétaire général de l'Otan mercredi.

Au-delà de ces opérations militaires, cette nouvelle escalade se joue aussi sur le terrain économique. Après les attaques contre des navires commerciaux, Washington a rétabli ses sanctions visant le pétrole iranien, principal moteur des exportations de la République islamique. Le cours du Brent est remonté de 3,3% au-dessus des 78 dollars le baril (soit un peu plus de 68 euros), selon Les Echos.

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