Un croquis dessiné à la craie rouge par Léonard de Vinci il y a environ 600 ans a été récemment à l’origine d’une importante découverte biologique. En revanche, si cette découverte est effectivement très prometteuse, celle-ci ne constitue pas une preuve définitive et ne permet pas encore une éventuelle reconstitution génomique. Qu’ont réellement découvert les chercheurs ?
Vers une reconstitution de l’ADN de Léonard de Vinci
A son époque, l’illustre Léonard de Vinci (1452-1519) revêtait de nombreuses casquettes, dont celle d’inventeur, d’architecte, d’ingénieur, de philosophe, de sculpteur, ou encore de peintre. Au département de biologie cellulaire et de génétique moléculaire de l’Université du Maryland (Etats-Unis), une de ses œuvres a suscité l’attention des chercheurs : L’Enfant Saint (Holy Child), un croquis à la craie rouge. Les scientifiques ont déclaré que les traces d’ADN, ou plutôt le génome prélevé sur le fameux dessin correspondait à celui d’une lettre écrite à la même époque par Frosino di ser Giovanni da Vinci, cousin de Léonard de Vinci.
La publication des chercheurs sur la plateforme bioRxiv le 6 janvier 2026 souligne que les deux artefacts contiennent des séquences du chromosome Y appartenant à une ligne génétique spécifique, une lignée remontant à un ancêtre commun originaire de la ville de Vinci (Toscane). Pour les chercheurs, la récupération de ces séquences est un excellent point de départ pour la reconstitution de l’ADN de Léonard de Vinci. Toutefois, ils n’excluent pas que le croquis a pu être réalisé par un de ses disciples, ce qui fausserait toute reconstitution génomique.
« Nous présentons ici une méthode minimalement invasive qui intègre un prélèvement délicat par écouvillonnage, un séquençage métagénomique complet à faible quantité d’ADN, un profilage taxonomique et des analyses du chromosome Y afin de récupérer des ‘signatures biologiques de l’histoire’ à partir d’œuvres d’art de la Renaissance et de correspondances d’archives associées aux ancêtres de Léonard de Vinci. », peut-on lire dans la publication.
Crédit : Gonzalez-Juarbe et al., BioRxiv., 2025Un chemin encore très long
Selon les chercheurs, reconstituer le patrimoine génétique de Léonard de Vinci aurait plusieurs avantages. Ceci permettrait l’authentification d’autres œuvres d’art dont l’auteur reste incertain mais également, la découverte de pistes donnant la possibilité d’expliquer les capacités artistiques et intellectuelles, ainsi que la longévité du peintre. Cependant le chemin à parcourir pour la reconstitution génomique reste encore très long.
Pour compléter le processus, il faudrait comparer les échantillons avec davantage de sources d’ADN de Léonard de Vinci ou de membres de sa famille. Or, la dépouille de l’article et celle de sa mère sont perdues, tandis que celle de son père – reposant à Florence (Italie) – est interdite d’accès. Cependant, il s’avère que les scientifiques analysent actuellement des ossements du grand-père mais également, des échantillons d’ADN de ses descendants encore vivants et ce, dans le cadre du projet Leonardo DNA. L’avenir nous dira si cette reconstitution génomique sera ou non couronnée de succès.
Enfin, il est important de rappeler que les travaux menés par l’Université du Maryland ont seulement fait l’objet d’une pré-publication, dans l’attente de validation par des pairs. Autrement dit, les déclarations des auteurs sont pour l’instant à prendre avec des pincettes, en attendant la relecture par d’autres scientifiques et l’apparition d’autres éléments.


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