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Un puits n'est pas exactement l'endroit où l'on s'attend à trouver des squelettes. Pourtant, dans l'ancienne ville romaine de Mursa, baptisée aujourd'hui Osijek, en Croatie, les archéologues savent que les infrastructures ont parfois connu une seconde vie plutôt macabre.
«Nous disposons d’un grand nombre de ces anciens puits datant de l’époque romaine, creusés dans l’Antiquité, explique à Live Science l'archéologue Mario Novak, à l'origine d'une nouvelle étude sur la sépulture. Ils utilisaient essentiellement ces puits asséchés pour y jeter des corps, qu'ils provenaient de batailles ou d'épidémies.»
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Les squelettes, découverts en 2008 à proximité d'une nécropole romaine, viennent de faire l'objet d'une nouvelle analyse présentée lors du 25ᵉ congrès de l'Association européenne de paléopathologie, le 6 août à Berlin.
Les quarante-trois individus étudiés présentent une caractéristique qui les distingue d'autres dépouilles découvertes à Mursa: des ossements d'hommes, de femmes et d'enfants ont été mis au jour dans le puits. Un échantillon qui laisse penser qu'il s'agit d'habitants de la ville plutôt que de soldats. De surcroît, aucun squelette ne présente de blessure grave qui pourrait laisser croire à un affrontement. Lors de précédentes fouilles, les archéologues avaient exhumé principalement des corps de combattants.
«Il s'agit d'un échantillon démographique représentatif d'une population civile. Cela n'a donc rien à voir avec les deux sépultures collectives liées à des combats», souligne Mario Novak. Il estime que ces individus auraient été victimes d'une épidémie.
Une maladie mystérieuse
Le calendrier rend cette théorie crédible. Mursa, dans la province de Pannonie, occupait une position stratégique dans l'Empire romain. L'empereur Hadrien a fondé la cité en l'an 133. Elle se situait alors dans une région militarisée.
Au milieu du IIIᵉ siècle, l'Empire traverse ce que les historiens appellent la «Crise du troisième siècle», une période marquée par les guerres civiles, les invasions et la succession d'empereurs. À cette époque, un nouvel ennemi apparaît: la peste de Cyprien, une importante épidémie qui frappe différentes régions de l'Empire. Elle tire son nom de l'évêque de Carthage au prénom éponyme, qui a décrit les ravages de cette terrible maladie. Les spécialistes précisent que rien ne permet d'affirmer qu'il s'agissait d'une épidémie de peste telle que nous la connaissons aujourd'hui.
Les squelettes d'Osijek présentent surtout des traces ordinaires de la vie antique: arthrose vertébrale, caries dentaires, ainsi que quelques indices de tuberculose et de scorbut. Les archéologues n'ont pas pu identifier avec certitude les causes de décès, mais l'hypothèse de la peste semble la plus plausible.
C'est l'une des principales difficultés lorsqu'on souhaite établir la genèse des épidémies anciennes: certaines maladies foudroyantes laissent peu ou pas de traces sur le squelette. Une infection peut tuer en quelques jours sans provoquer de lésion osseuse identifiable. Une découverte, aussi spectaculaire soit-elle, ne suffit pas toujours à établir un diagnostic.
L'ADN pourrait permettre de lever le voile sur la potentielle épidémie de peste. Les chercheurs attendent les résultats des analyses génétiques. Ce qui permettra de déterminer l'origine des personnes enterrées et, peut-être, la cause de leur mort.





























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