NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Santé 26/02/2026 09:08 Actualisé le 26/02/2026 10:34
Dangereux et apprécié des jeunes, le protoxyde d’azote est dans un flou juridique. Le Sénat examine ce 26 février une proposition de loi pour en interdire la vente aux non-professionnels.

FREDERIC SCHEIBER / Hans Lucas via AFP
Des bonbonnes de protoxyde d’azote abandonnées dans une rue de Cugnaux, en Haute-Garonne, le 9 février 2025.
EN BREF • La consommation de protoxyde d’azote connaît une accélération en France, particulièrement chez les 18-25 ans.
• Le médecin Jean-Paul Niguet analyse les effets de ce « gaz hilarant » sur le corps humain, évoquant des problèmes neurologiques importants.
• Il confirme le développement d’une addiction qui peut entraîner des séquelles irréversibles sur le corps humain.
Ultra-accessible, et ultra-dangereux. Apparu auprès du grand public en 2017 sous la forme de petites cartouches argentées, le protoxyde d’azote se consomme désormais en remplissant des ballons avec des bonbonnes ou des « tanks » XXL. Un « gaz hilarant » directement lié à des faits divers dramatiques à la fin de l’année 2025, comme ces trois jeunes morts noyés dans leur voiture dans une piscine du Gard, cet homme de 19 ans renversé en pleine nuit par un conducteur à Lille, ou cette adolescente de 17 ans retrouvée morte à son domicile à Roubaix.
À l’heure actuelle, une loi de 2021 interdit la vente de cette substance aux mineurs. Sa vente est interdite dans les tabacs ou les débits de boissons, et il est également proscrit de vendre et de distribuer « tout produit spécifiquement destiné à faciliter l’extraction de protoxyde d’azote afin d’en obtenir des effets psychoactifs ». Pour le reste, c’est le flou juridique : le gaz existe sous la forme d’un anesthésiant médical, soumis au code de la santé publique, mais aussi comme un additif alimentaire pour son usage en cuisine. C’est celui-ci qui est utilisé de manière récréative.
C’est pour durcir la législation que le Sénat examinera ce 26 février une proposition de loi visant à interdire purement et simplement la vente de ce gaz aux particuliers, et la réserver aux professionnels du médical, de l’industrie ou de la gastronomie. « On doit rendre ce produit beaucoup moins banal, beaucoup moins accessible », expliquait au micro de franceinfo la sénatrice socialiste Marion Canalès, porteuse du texte.
Car les séquelles du protoxyde d’azote sont lourdes pour la santé. C’est ce que nous a expliqué Jean-Paul Niguet, neurologue à l’hôpital Saint Vincent de Paul, au sein du Groupement des Hôpitaux de l’Institut Catholique de Lille. Le spécialiste porte un intérêt particulier à ces problématiques et, pour Le HuffPost, il décrypte les dégâts parfois irrémédiables que cette forme de drogue peut laisser sur le corps humain.
Le HuffPost : Quel est le profil de la population touchée ?
Jean-Paul Niguet : Dans la grande majorité, ce sont des gens de 18 à 25 ans. Souvent, dans un groupe de consommateurs, celui qu’on voit arriver en consultation ou dans le service de neurologie nous dit que tous ses copains ont des problèmes aussi, mais c’est lui qui reste le plus atteint et qui ne peut plus marcher et qui vient donc consulter.
Ce symptôme est le plus fréquent ?
Les plus fréquents sont des fourmillements dans les pieds, les jambes ou les bras ; une perte de sensibilité ; des pertes de force ; des problèmes de marche, voire l’impossibilité totale de marcher avec des personnes en fauteuil roulant. Il peut aussi y avoir des thromboses, soit des caillots de sang qui se forment, notamment dans les jambes, ce qu’on appelle les phlébites. Mais aussi dans les artères pulmonaires, pour faire des embolies pulmonaires, ce qui reste rare mais peut entraîner le décès. Les veines du cerveau peuvent aussi être touchées et constituer une sorte d’AVC.
Comment le protoxyde d’azote agit-il sur le corps humain ?
Tout part de la vitamine B12 dont on a besoin en certaine quantité. Elle a deux grandes fonctions qui vont être impactées : elle sert à la synthèse et au renouvellement de l’ADN et de la myéline. La myéline, c’est cette gaine qui entoure les fibres nerveuses et qui permet aux messages nerveux de bien se transmettre à la fois dans le cerveau, la moelle épinière et le long des nerfs.
Avec une prise de protoxyde d’azote, cette vitamine B12 reste présente dans l’organisme, mais elle est bloquée. Elle ne peut alors plus servir à la synthèse de la myéline et au renouvellement de l’ADN, ce qui peut donner des dommages, surtout neurologiques. Quand la moelle épinière et les nerfs sont atteints, c’est ce qu’on appelle une myéloneuropathie. Cette atteinte peut s’installer progressivement sur plusieurs mois, mais il y a des patients qui ont une aggravation très rapide, parfois juste en quelques jours.
Au point d’avoir des conséquences irréversibles sur le corps ?
Pour l’instant, il y a peu d’études sur la récupération à long terme. Ce qu’on observe tout de même dans les travaux publiés, c’est qu’il y a une petite proportion de patients qui ne récupèrent pas du tout. Il y a un peu moins de la moitié des patients arrêtant la prise de protoxyde et prenant bien leurs vitamines prescrites qui récupèrent complètement. Cela laisse donc une moitié qui récupérera mais pas complètement, et gardera des séquelles.
Plus on prend du protoxyde d’azote, plus les conséquences sont graves ?
Cela reste difficile de faire des corrélations et de mesurer l’impact d’un nombre de prises. Il y a par exemple des gens qui consomment assez peu par rapport à d’autres, et qui ont beaucoup plus de conséquences que des gens qui ont pu consommer énormément.
Arrive-t-on à recenser ou catégoriser les décès liés à la prise de protoxyde d’azote ?
Il n’y a pas de statistiques connues sur un nombre de morts car ça reste assez difficile d’établir un lien direct. Ce que l’on connaît toutefois, c’est la mort par accidentologie, notamment au volant, au travers de faits divers médiatiques. Une partie des décès par embolie pulmonaire pourrait passer aussi sous les radars, car une prise de protoxyde d’azote n’est pas systématiquement recherchée chez ces patients.
Combien de temps ou de prises faut-il pour devenir addict ?
C’est compliqué de répondre, mais en tout cas ce qui est sûr, c’est que l’addiction existe. C’est un peu un élément nouveau de ces derniers mois, car pendant longtemps on a pensé qu’il n’y avait pas d’addiction. Le fait de continuer à consommer alors qu’on a des complications et qu’on a connaissance des conséquences, c’est un critère pour parler d’addiction.
Il y a aussi des patients qui décrivent d’authentiques syndromes de sevrage. J’avais une patiente qui expliquait que quand elle n’avait pas son protoxyde d’azote le matin, elle devenait extrêmement violente envers ses proches, très énervée, elle se mettait à trembler.
Malgré tout, existe-t-il des cas de personnes devenues addict très rapidement ?
On ne connaît pas la quantité minimale pour être toxique, ni la durée d’exposition minimale. Ce qu’on voit, ce sont des gens qui consomment depuis un certain temps des quantités astronomiques, mais aussi des gens qui ont consommé de grosses quantités sur très peu de temps. On voit aussi des gens qui ne consomment pas des grandes quantités, mais depuis longtemps.


3 month_ago
13



























.jpg)






French (CA)