NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
REPORTAGE - Victime de son succès, le parc de Sceaux, aux portes de Paris limitera l’accès aux pelouses sous les cerisiers en fleurs du 4 au 19 avril. Une mesure inédite pour préserver ce patrimoine fragilisé.
Le soleil éclaire doucement les allées du parc de Sceaux. En cette matinée calme de mars, quelques promeneurs s’arrêtent devant les premiers bourgeons rosés, encore timides, des cerisiers. Rien ne laisse encore deviner l’affluence massive qui, dans quelques semaines, transformera ce parc dessiné à la fin du XVIIe par Le Nôtre, aujourd’hui propriété du département des Hauts-de-Seine.
Chaque printemps, en écho au phénomène japonais devenu mondial, la floraison de ces arbres attire des foules considérables au parc de Sceaux, qui se trouve à moins d’une heure de Paris. L’an dernier, près d’un demi-million de visiteurs se sont pressés sur quelques jours pour admirer ce spectacle éphémère. Une affluence exceptionnelle, concentrée sur une période très courte, qui met à rude épreuve les pelouses et les arbres eux-mêmes.
«Nous avons mené plusieurs études sur l’état sanitaire des cerisiers. Elles montrent qu’avec la forte fréquentation, certains arbres sont désormais infectés par un champignon qui dégrade les racines», alerte auprès du Figaro Anne Marchand, chef du service évènementiel, valorisation et animation du département. Sur ce bosquet d’environ 260 cerisiers japonais, dont certains centenaires, la menace est prise très au sérieux.
Une jauge pour protéger les arbres
Pour la première fois, une jauge est instaurée. Pendant toute la durée du hanami -la contemplation traditionnelle des fleurs-, du 4 au 19 avril, l’accès aux pelouses sous les cerisiers du bosquet nord sera limité à 3500 personnes par jour. «La jauge ne concerne que les personnes qui souhaitent pique-niquer sous les cerisiers. Le reste du parc reste totalement accessible», précise Anne Marchand. Cela représente environ 50.000 réservations possibles sur l’ensemble de la période. Environ 40 % de ce quota a déjà été pré-réservé. À partir du 4 avril, les places restantes seront ouvertes jour par jour en ligne, et les visiteurs pourront aussi réserver sur place grâce à des QR codes installés à l’entrée du site.
Pour faire respecter ce dispositif, des barrières ont été installées autour des zones concernées. Elles ne disparaîtront pas immédiatement après la fin du hanami, annonce Anne Marchand : «Les barrières resteront un peu en place pour des raisons techniques : nous allons laisser pousser le gazon puis installer une prairie. Il faudra compter environ deux à quatre semaines avant de les retirer.»
L’objectif ne serait pas de restreindre l’accès, mais de réduire la pression sur les sols et d’assurer la pérennité du site. Anne Marchand insiste également sur un point : les cerisiers blancs, situés au bosquet sud du parc, resteront accessibles sans aucune restriction, contrairement aux cerisiers roses les plus prisés. Car les dégâts sont bien réels. Certains arbres ont déjà été fragilisés, attaqués par des champignons qui compromettent leur stabilité. «Une fois que le tronc est atteint, la sécurité du public peut être engagée», souligne-t-elle.
Entre compréhension et surprise
Sur place, les habitués semblent partagés, mais souvent compréhensifs. Patrick, 52 ans, riverain du parc, observe la scène avec recul : «C’est logique. Il faut bien sauver les cerisiers. Les gens piétinent partout, ils ne sont pas respectueux. J’ai déjà vu des gens arracher des branches, certains arbres ont l’air vraiment mal en point.»
Mais tous ne sont pas au courant du nouveau dispositif. Sophie, venue se promener avec sa fille, est surprise : «Je ne savais pas du tout qu’ils allaient mettre un quota. Je viens souvent ici, mais je n’avais pas vu l’information.» D’autres ont déjà adapté leurs habitudes. Axel qui fréquente le parc toute l’année, préfère éviter la zone pendant la floraison : «Franchement, en avril, je ne passe même plus dans le bosquet. Il y a trop de monde, on ne profite pas.»
Un parc devenu très touristique
Le parc de Sceaux restant fréquenté majoritairement par des Franciliens, la période du hanami attire désormais un public national et international, à hauteur de 10 à 15% selon Anne Marchand. Les réseaux sociaux auraient amplifié ce phénomène, transformant les cerisiers en véritable attraction saisonnière.
Pour accompagner cet engouement, le département mise aussi sur des animations culturelles, cerfs-volants japonais ou contes traditionnels, afin de reconnecter l’événement à ses racines. À deux semaines de la floraison, une chose est sûre : pour en profiter, il ne suffira plus de venir, il faudra prévoir.
En vidéo - À Tokyo : la saison 2026 des cerisiers , symbole d’espoir, est officiellement ouverte


3 month_ago
18



























.jpg)






French (CA)