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À 18 h tapantes, sous la pluie, devant leur école secondaire, plusieurs dizaines de jeunes se sont réunis dimanche soir pour célébrer la vie de leur ami et camarade de classe, qui aurait été assassiné par son père à Shawinigan la semaine dernière.
Le ciel gris semblait refléter les larmes qui coulaient sur leurs visages. Avec leur argent de poche, les adolescents ont acheté des bouquets de fleurs, des lampions et une croix. Ils se sont cotisés pour organiser eux-mêmes ce rassemblement, coordonné sur l'application Snapchat.
Les finissants de secondaire 5, on s’est mis ensemble pour planifier ce moment pour célébrer sa vie , explique Olivier, qui confie avoir perdu un de ses meilleurs potes .

Afin d'honorer la mémoire de leur ami, plusieurs des adolescents sur place ont pris un moment pour allumer un lampion.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Claveau
C’est entouré de ses proches, au milieu d’un demi-cercle formé dans un silence presque total, que la mère de l’adolescent a vécu ce moment solennel, soutenue par les accolades des jeunes présents.
Elle est restée debout, droite, au centre du rassemblement, jusqu’à la fin.
Trouver la bonne manière de faire ce rassemblement a été discuté longtemps, souligne Olivier. Une situation hors de l’ordinaire, qu’il arrive encore difficilement à réaliser.
Les jeunes ont choisi de se rassembler près du terrain de basket de leur école secondaire, à Trois-Rivières, un lieu qui rappelait la plus grande passion de leur ami.
Un ballon a d’ailleurs été signé par tous les jeunes présents, puis remis à sa mère, en guise de souvenir. Un autre geste, sur lequel les jeunes s’étaient entendus.

Afin d'honorer la mémoire de leur camarade, les adolescents ont pris le temps, à tour de rôle, d'apposer leur signature sur un ballon de basket.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Claveau
La gorge nouée, celle qui a perdu son enfant n’a réussi qu’à dire quelques mots. Merci d’être là en l’honneur de mon fils , a-t-elle dit au groupe.
En périphérie, deux mamans regardent leurs jeunes, les yeux dans l’eau. On est fiers d’eux, car, malgré tout, ils font ça dans l’amour, pas dans la haine , dit l’une d’entre elles, en faisant référence aux circonstances de la mort de l’ami de son enfant.
Il était notre soleil
Quand on demande à Olivier comment il aurait décrit son ami, les mots ne se font pas attendre. C’était un gars gentil, souriant, et qui passait toujours les problèmes des autres avant les siens. C’était notre rayon de soleil.
Pour lui, ce n’est pas surprenant qu’autant de gens se soient présentés pour l’honorer. Vous voyez combien de gens il a attirés vers lui , fait remarquer le jeune, en pointant vers ceux qui étaient là pour lui rendre hommage.

Malgré la pluie, les jeunes sont restés jusqu'à la fin de la commémoration.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Claveau
Certains étaient des amis proches, d’autres, des gens qui l’ont tout simplement côtoyé à l’école, et qui ont tenu à être présents. Ça ne surprend pas Olivier. C’était vraiment l’une des meilleures personnes que j’ai rencontrées , dit-il, pensif.
Une autre mère de famille présente sur les lieux garde également le souvenir d’ un bon petit gars .
À la remise de diplôme, quand il a dit qu’il voulait devenir infirmier, tout le monde l’a applaudi , se rappelle-t-elle, le sourire aux lèvres. Un travail dans l’entraide, fait-elle remarquer, ce qui colle à la description du jeune qui a côtoyé son enfant.
Bien que ce souvenir soit heureux, elle y voit une forme d’incohérence. Ils viennent de finir le secondaire, et ils commencent leur nouvelle vie de cette façon-là ? , dit-elle, le regard tourné vers les jeunes qui tentent de se réconforter.
Des souvenirs qui vont rester
Les adolescents se sont serrés les uns contre les autres, profitant de cet instant pour partager des anecdotes et évoquer la mémoire de leur camarade disparue.
La dernière fois qu’Olivier a vu son ami, c’était pour aller magasiner des vêtements d’été avec lui. On le taquinait souvent en lui disant qu’il ne sortait jamais. Quand je pense que c’est la dernière fois que je lui disais ça, ça me fait mal au cœur , confie-t-il.

Les fleurs et la croix ont été placées sur le terrain de basket de l'école secondaire de la victime.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Claveau
C’est sur ce terrain de basket chargé de souvenirs, un lieu qu’il affectionnait tant, que les jeunes ont transporté la croix sous les gouttes de pluie. Cet endroit gardera à jamais sa mémoire.


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