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Ce socio-économiste révèle « l’envers » de nos tasses de thé et ce n’est pas reluisant

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Life 14/05/2026 11:12

Pierre Johnson, socio-économiste auteur de « thé : l’envers de la tasse », reviens sur le coût humain de la production de cette boisson adorée à travers le monde.

EN BREF Dans « Thé : l’envers de la tasse », Pierre Johnson expose l’exploitation et les bas salaires des travailleurs du thé, héritage des pratiques coloniales.
L’Inde, le Kenya et le Sri Lanka, anciens territoires britanniques, sont au cœur de cette production.
Johnson recommande de choisir des thés bio et d’en vérifier l’origine pour soutenir une production éthique.

C’est la boisson la plus consommée au monde après l’eau. Vous en buvez peut-être tous les jours au petit-déjeuner ou au goûter. Mais vous êtes vous déjà demandé ce qui se cache derrière votre sachet de thé ?

Dans son livre « Thé : l’envers de la tasse », le socio-économiste et grand amateur de thé, Pierre Johnson a cherché à comprendre les enjeux sociaux et environnementaux de la filière. « J’ai découvert qu’il y avait souvent des cueilleuses exploitées, mal payées dans les plantations, des travailleurs enfermés dans des manufactures de thé, une histoire coloniale qui perdure d’une certaine façon jusqu’à aujourd’hui… », explique-t-il au HuffPost, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus.

Des plantations dans les anciennes colonies britanniques

Pour comprendre ces enjeux, il faut s’intéresser à l’histoire du thé, qui a commencé à être consommé en Chine il y a 2000 ans. C’est bien plus tard que cette boisson commence à circuler en Europe, aux XVIIe et XVIIIe siècles. À cette époque, c’est toujours la Chine qui domine le marché, mais l’Empire britannique, qui a colonisé l’Inde voisine, cherche à la concurrencer. En 1848, le botaniste anglais Robert Fortune est chargé de voler des plants de théier, qu’il rapporte en Inde pour créer des plantations.

Aujourd’hui, quatre pays sont leaders des exportations mondiales de thé : la Chine, l’Inde, le Kenya et le Sri Lanka. Les trois derniers sont des anciennes colonies du Royaume-Uni, et cet héritage colonial a toujours un impact sur la façon dont le thé est produit actuellement.

« Dans l’Empire britannique, on a donné à des colons des grandes quantités de terre, plusieurs dizaines voire centaines d’hectares. La population locale voyait que c’était très dur de travailler dans une manufacture de thé, donc ils ont préféré faire venir de la main-d’œuvre d’autres parties de l’Inde. Logée, nourrie, plus ou moins, par la plantation, avec obligation de rester 5 ou 10 ans. » Aujourd’hui encore, ce sont les descendants de ces populations qui travaillent dans les manufactures de thé, pour un salaire généralement très bas.

Un travail difficile et peu payé

« On est à 3 ou 4 dollars la journée en Inde, un peu plus au Sri Lanka. Ils sont alignés sur un salaire minimum, mais on décompte de ce salaire le fait qu’ils soient logés donc ils vont recevoir moins sous prétexte qu’ils ont certains services fournis par la plantation. »

Le travail est genré et très intensif. « Pour les femmes ça va être passer la journée à cueillir un bourgeon et deux feuilles, remplir le panier. Comme elles sont payées au kilo, si elles veulent être payées un minimum, avoir 20, 30, 40 kgs dans la journée de feuille. Alors vous imaginez le poids d’une feuille, c’est pas grand chose. Les hommes ils vont être autour des machines dans la transformation, c’est des journées qui peuvent être de 8 ou 10 heures. »

Et ça, ça représente environ 40 % des 13 millions de travailleurs du secteur du thé.

Mais si, en tant que consommateur, on ne veut pas participer à ce système. Qu’est-ce qu’on fait ? L’expert recommande de regarder l’origine du thé sur la boîte, et chercher si on peut identifier son pays ou sa région d’origine, voire même la plantation ou la coopérative. Il recommande aussi des marques de thé bio, comme les Jardins de Gaïa ou Ethiquable.

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