Des scientifiques français ont récemment lancé une étude dont l’objectif est de mesurer les effets, sur 18 mois, d’un entraînement intensif sur la santé en vue d’une participation à une course intense, sur une distance de 100 kilomètres avec un fort dénivelé. Seulement voila, la particularité de cette expérience réside dans la sélection d’une quarantaine de volontaires ayant un mode de vie sédentaire.
101 km avec plus de 6 000 m de dénivelé positif
D’une manière générale, la course à pied est l’une des activités physiques les plus complètes, en termes d’endurance, de qualité de muscle, de force et de puissance. Celle-ci renforce aussi le muscle cardiaque, réduit la pression artérielle et améliore la circulation sanguine. D’autres études ont permis de mentionner une baisse des risques de décès prématuré, des propriétés antistress, une hausse de la confiance en soi, une stimulation de la neuroplasticité ou encore, un sommeil de meilleure qualité.
Au Laboratoire Interuniversitaire de Biologie de la Motricité (LIBM) de l’Université Jean Monnet à Saint-Étienne, la course à pied est au centre d’un projet baptisé 0 à 100. L’équipe du professeur Guillaume Millet a sélectionné une quarantaine de participants – 20 hommes et 20 femmes âgés de 25 à 50 ans – pour un entrainement intensif sur 18 mois.
La finalité du projet n’est autre que la participation d’au moins 80% des volontaires de l’étude à l’édition 2027 de la CCC® (Courmayeur-Champex-Chamonix) qui se déroulera le vendredi 3 septembre 2027. Il s’agit d’une course intense sur une distance de 101 kilomètres avec environ 6 050 mètres de dénivelé positif et un temps limite de 26 heures et 30 minutes.
Crédit : Capture YouTube / HOKA UTMB Mont-Blanc
De sédentaires à ultra-trailers
Outre la préparation pour l’épreuve, l’objectif de l’étude est de mesurer scientifiquement les effets sur la santé (mentale et physique) d’une haute dose d’exercice physique mais également, de promouvoir l’activité physique en général. Dans leur communication, les chercheurs ont d’ailleurs rappelé que pour environ 95% de la population, davantage d’activité physique est synonyme de meilleure santé. C’est pourquoi les participants ont été triés sur le volet, sur la base de leur mode de vie sédentaire. Il s’agit donc majoritairement d’individus travaillant en position assise, pour qui l’activité physique est quasiment inexistante au quotidien.
« Nous voulons démontrer dans cette étude unique au monde que nous n’avons pas le choix : pour être vraiment en bonne santé, il faut bouger. Nous accompagnerons 40 sédentaires pour les amener à être finishers d’un ultra-trail de 100 km. Si cet effort parait extraordinaire au plus grand nombre, c’est uniquement en raison de la sédentarité extrême de nos sociétés. », peut-on lire sur le site officiel du projet 0 à 100.
Des « week-ends chocs » réunissant les volontaires
L’expérience prévoit des entrainements personnalisés avec un coach et un suivi des variables physiologiques et biomécaniques à l’entrainement mais aussi, lors de l’épreuve finale. Les chercheurs ont également pensé à des regroupements réguliers avec l’ensemble des participants – les « week-ends chocs » – et des évaluations avec des tests en laboratoire tous les cinq mois, afin de suivre la transformation des volontaires.
Enfin, rappelons que la sédentarité s’associe à une hausse des risques relatifs aux maladies cardiaques, au diabète de type 2, à l’obésité mais également, aux Troubles Musculo-squelettiques (TMS), à certains cancers et à la santé mentale – anxiété, dépression et déclin cognitif. La sédentarité serait donc un facteur de risque majeur de mortalité prématurée, responsable d’environ 4 millions de décès chaque année, selon une étude de 2021.
Voici les meilleurs moments de l’édition 2025 de la CCC®, afin de se rendre compte de ce qui attend les participants de l’étude dans un an et demi :


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