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Les canicules s'enchaînent aussi en Italie, avec d'ores et déjà des conséquences sur les fleuves et les cultures.
Publié le 13/07/2026 14:38
Temps de lecture : 2min
Le fleuve Pô en partie asséché, en Italie. (PIERO CRUCIATTI / AFP)
La nouvelle vague de chaleur se prolonge en Italie, mi-juillet. Des températures au-delà des 40°C sont attendues en Sardaigne, ce sera presque aussi chaud dans la plaine du Pô, dans le centre-nord du pays. Selon l'autorité qui surveille le plus long fleuve italien, il ne reste que dix jours de ressources pour irriguer le bassin du Pô. Son débit très faible favorise la pénétration de l'eau de mer dans le fleuve.
Sur un ponton avec vue sur le Pô, près de Ferrare, à une heure de la mer, dernière station de mesure avant la mer, Paola Faggioli de l'association écologiste Legambiente constate "des sortes de plages qui émergent". Il s'agit "en fait du fond du fleuve. Il y en a une très étendue à l'ouest".
L'eau manque à toutes les étapes. En effet, "la neige qui fond en juillet a disparu dès le mois de mai. À cause de la chaleur, les agriculteurs prélèvent plus d'eau. Et même les grands bassins comme le lac Majeur ont 43% d'eau de moins que d'habitude", explique Paola Faggioli.
Le débit du Pô est quatre fois inférieur à la normale. La conséquence est visible à Porto Tolle, dans le delta. Erri Facini, président local des agriculteurs du syndicat agricole italien C.I.A., lance un bâton dans l'eau. "Et voilà, le morceau de bois au lieu d'aller vers la mer, remonte le courant dans l'autre sens", désigne-t-il. Ce n'est plus le fleuve qui se jette dans la mer, c'est l'inverse. Dans les années 1950-1960, lors des épisodes de sécheresse, la mer pénétrait dans le fleuve sur cinq kilomètres de profondeur. Dans les années 1980, on était à dix kilomètres, maintenant c'est vingt".
L'eau salée s'engouffre jusque dans ce champ où l'agriculteur Dario Ferro, montre un plant de riz. Il subit "l'effet du sel. Les premières feuilles en dessous sont sèches. En vingt jours, la plante est brûlée. C'est de l'herbe aride", explique-t-il. À côté, 500 hectares de soja sont brûlés. Ils ont été plantés lors des premières vagues de chaleur de 2026. Le modèle d'agriculture intensive de la région n'est plus tenable. "En ce moment, quasiment toutes les stations d'irrigation sur le Pô sont fermées", se désole Dario Ferro. Les agriculteurs de la région redoutent une perte de récolte de 30 à 40%.
"Si ça continue, on devra passer sur des cultures que l'on récolte en hiver. Je faisais des tomates. J'ai dû arrêter il y a trois ans."
Dario Ferro, agriculteur italien
à franceinfo
La sécheresse pose aussi la question du partage de l'eau. Les agriculteurs du delta du Po qui arrivent en bout de chaîne plaident pour une agence unique qui contrôlerait les prélèvements sur tout le parcours du fleuve, de la montagne à la mer. Aujourd'hui, chaque région a la main.


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