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"Ce n'est pas comme ça que j'aurais voulu partir" : le souvenir amer d'un expatrié Français contraint de rentrer après un mois de détention par l'ICE

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Arrêté en mars 2025 après un problème de visa, Julien Pereira, 26 ans, a passé un mois en détention avant d'être contraint de rentrer en France. Il raconte le traumatisme de cette expérience et la vie qu'il a dû laisser derrière lui.

Article rédigé par franceinfo - Emilie Tran

Radio France

Publié le 13/08/2026 08:37

Temps de lecture : 2min

Julien Pereira, Français de 26 ans, a été retenu en détention par l'ICE en mars 2025. (HAJERA MOHAMMAD / RADIO FRANCE) Julien Pereira, Français de 26 ans, a été retenu en détention par l'ICE en mars 2025. (HAJERA MOHAMMAD / RADIO FRANCE)

Le 3 mars 2025, ce Français, manager dans un club de tennis et installé aux États-Unis depuis huit ans, doit renouveler son visa. Il découvre alors que son employeur n'a pas effectué les démarches nécessaires. Il tente de quitter le pays, le temps de régulariser sa situation, mais il est trop tard : il est interpellé et placé en détention pendant un mois. Une expérience qui le marquera à vie : "Les premiers jours, j'ai dormi par terre. Les toilettes étaient ouvertes, les douches aussi. L'alimentation, franchement, c'était compliqué : on ne mangeait pas assez. On nous donnait parfois du lait périmé. J'ai perdu sept kilos en un mois."

Après cette expérience traumatisante, difficile pour l'homme de 26 ans de se remettre de cette incarcération : "Quand on m'a mis dans la cellule, je me suis dit : 'Mais qu'est-ce que je fais ici ?' Les mois qui ont suivi, j'y ai beaucoup pensé. C'était assez régulièrement que j'avais des pensées un peu compliquées. La détention, je pense que je ne l'oublierai jamais. On n'oublie jamais des moments comme ça."

Après sa détention, Julien Pereira se voit contraint de rentrer en France sans passeport. Il se rend alors au consulat pour obtenir un laissez-passer, puis retrouve un pays qu'il avait quitté à 17 ans. Après avoir grandi, en tant qu'adulte, aux États-Unis, il a dû se "réadapter à la vie française, notamment pour ce qui concerne les impôts, l'université, les démarches administratives, mais aussi le mode de vie. C'était assez compliqué. Je me suis installé pendant quelques mois chez mes parents, histoire de me reposer un peu l'esprit."

À son retour en France, il lui est difficile de parler de ce qu'il a vécu. Même avec ses proches, il préfère garder le silence : "Je ne voulais pas vraiment en parler, je voulais plutôt le cacher et le garder intérieurement. C'était une situation assez compliquée pour moi, et surtout pour eux aussi. C'est assez compliqué de voir son enfant incarcéré alors qu'il a toujours essayé de faire les choses bien, de s'intégrer dans un pays qu'il aimait, et qu'il aime toujours d'ailleurs."

"Ça peut vraiment arriver à tout le monde. On a beau faire attention, on a beau vouloir tout faire pour rester en règle, parfois, il y a des erreurs et on tombe dans l'engrenage."

Julien Pereira, Français de 26 ans, a été retenu en détention par l'ICE en mars 2025.

à franceinfo

"Je suis beaucoup plus sensible à la cause, c'est sûr. Voir des gens retenus contre leur gré alors qu'ils voulaient simplement avoir une meilleure vie, ce n'est pas toujours facile à voir. Ce n'est pas forcément comme ça que j'aurais voulu partir. C'est un peu amer", confie l'ancien manager de tennis.

Outre ce souvenir douloureux, Julien Pereira a laissé derrière lui toute une vie construite en 9 années aux États-Unis, notamment des amis, un logement, une situation stable et même sa voiture : "On vivait en colocation avec des amis. On était tous des expatriés. C'était une sorte de petite famille. Rentrer en France, alors que je ne connaissais presque plus personne, a été un changement de vie assez radical. Et puis, j'avais une situation confortable aux États-Unis, je ne voulais pas forcément en partir." Il ajoute qu'il n'envisage désormais plus de vivre aux États-Unis. De toute façon, il est interdit de territoire pour une durée de cinq ans.

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