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Face à la baisse historique de la natalité, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, était à Louviers (Eure) pour évoquer l'avenir de la carte scolaire.
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Par Béatrice Cherry-Pellat Publié le 22 juil. 2026 à 13h51
Chaque année, l’annonce de la carte scolaire est attendue avec appréhension par de nombreux maires. Une classe fermera-t-elle dans leur commune ? L’école conservera-t-elle suffisamment d’élèves ? Derrière ces interrogations se dessine une réalité qui touche l’ensemble du pays : la baisse continue de la natalité, qui oblige l’Éducation nationale à revoir son organisation.
Pour échanger sur cette problématique, la majorité départementale, Ensemble pour l’Eure, avait invité le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, mardi 21 juillet, à la salle du Moulin, à Louviers. Devant un public composé de nombreux élus, il a dressé un constat sans détour. « Ce qui arrive aujourd’hui n’est jamais arrivé depuis deux siècles », a-t-il déclaré en ouverture de son intervention.
45 000 écoles en France
Le ministre a rappelé que la France enregistre désormais environ 620 000 naissances par an : « Il y a autant d’enfants aujourd’hui qu’en 1945, alors que la France compte 28 millions d’habitants supplémentaires. » Une évolution démographique qui, selon lui, aura des conséquences durables sur l’organisation du système scolaire.
Autre chiffre marquant : les quelque 45 000 écoles que compte la France, « autant que l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni réunis ». Un réseau particulièrement dense, composé de nombreuses petites écoles, dont certaines ne disposent que d’une classe unique.

750 jeunes en moins chaque année dans l’Eure
À ses côtés, le président du Département de l’Eure, Alexandre Rassaërt, a confirmé ce diagnostic en citant quelques chiffres de l’Insee : « Dans l’Eure, les naissances ont chuté de 31%. En 1968, les jeunes de moins de 18 ans représentaient 36% de la population, aujourd’hui, c’est moins de 24%. En 2050, le département comptera 40 000 jeunes de moins. » Chaque année, l’Eure perd environ 750 jeunes, soit l’équivalent des effectifs d’un collège. « Il faut agir dès maintenant pour ne pas subir cette évolution », a-t-il insisté.
Pour Édouard Geffray, cette nouvelle donne impose de changer de méthode. « La carte scolaire doit désormais se construire sur cinq ans », a-t-il estimé, plaidant également pour une meilleure égalité entre les territoires : « Dans l’Eure, comme dans d’autres départements, les élèves n’ont pas accès aux mêmes choix d’orientation ou d’options qu’à Paris, Lyon ou Marseille. »
Les échanges avec la salle ont ensuite permis aux élus de faire remonter leurs préoccupations. Fermetures de classes, remplacement des enseignants, éloignement des établissements, difficultés de recrutement : autant de sujets qui reviennent régulièrement dans les communes rurales.
Mutualiser les bâtiments scolaires
Sans nier ces difficultés, le ministre s’est voulu rassurant : « On peut laisser une classe à huit élèves pour éviter aux enfants de faire des kilomètres ». Il a également annoncé le renforcement des recrutements dans les métiers médico-sociaux de l’Éducation nationale : « Aujourd’hui, 200 infirmiers, psychologues et assistants sociaux sont recrutés chaque année. Nous allons passer à 350. » Il a enfin insisté sur la nécessité d’éviter « une mise en concurrence de l’école publique et du privé » et évoqué une meilleure utilisation des bâtiments scolaires, proposant notamment de regrouper plusieurs structures au sein d’un même collège lorsque celui-ci est sous-occupé.
Parmi les témoignages, celui d’Éric Lardeur, maire de Saint-Étienne-du-Vauvray, a illustré les difficultés auxquelles les élus peuvent être confrontés. À rebours de la tendance départementale, son école est passée de 45 à 62 élèves. Une hausse qui l’a conduit à demander l’ouverture d’une classe pour la rentrée : « L’inspection académique m’a répondu que le village voisin était concerné par une fermeture de classe et que les enfants de Saint-Étienne pourraient être accueillis dans cette école », a expliqué l’élu. Une perspective qui l’inquiète : avec le rapprochement des fratries, son école pourrait finalement perdre des élèves et se retrouver, à son tour, menacée par une fermeture de classe.
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