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Axel, qui avait échangé par message avec l’animateur lorsqu’il était mineur se réjouit de sa condamnation définitive mais impossible pour le jeune homme de crier victoire.

Capture d’écran X
Malgré une lourde condamnation en appel pour corruption de mineurs, l’animateur de CNews a été soutenu et surtout maintenu à l’antenne du groupe Canal+.
Difficile à digérer. Ce jeudi 15 janvier Jean-Marc Morandini était comme chaque matin à l’antenne de CNews pour animer Morandini Live, et parler de la CAN, de Carcassonne ou encore du conseil de défense à l’Élysée. Rien d’anormal. La veille pourtant, l’animateur a été définitivement condamné pour corruption de mineurs. En dépit de cet arrêt de la cour de Cassation, le groupe Bolloré a quand même choisi de le maintenir à l’antenne, une décision qui a du mal à passer.
Notamment du côté de ses victimes. Dès novembre dernier, Axel s’était confié à visage découvert dans l’émission Complément d’enquête de France 2 pour évoquer les messages à caractère sexuel que l’animateur lui avait envoyé en 2015. Une situation dans laquelle s’étaient également retrouvés deux autres adolescents, sur une période allant de 2009 à 2016.
Auprès de franceinfo ce jeudi, le jeune homme confie avoir lâché un « ouf de soulagement » en apprenant la condamnation en appel de Jean-Marc Morandini. Une condamnation qui entraîne une peine de deux ans de prison avec sursis pour l’animateur et à laquelle s’ajoutent une amende de 20 000 euros et une inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).
« Cette décision va me permettre d’avancer sereinement à l’avenir », avance le jeune homme de 25 ans, suivi par cette affaire depuis l’âge de 15 ans. « C’est un petit chamboulement en ce début d’année, je suis très heureux de tourner cette longue page, qui a duré trop longtemps », ajoute-t-il.
« Une image catastrophique »
Pour autant, il lui est encore très difficile d’avaler la décision du groupe Bolloré de maintenir à l’antenne de CNews « un délinquant sexuel quotidiennement ». De quoi renvoyer « une image catastrophique », ajoute-t-il.
Un avis d’ailleurs partagé par l’avocat d’Axel, qui précise à franceinfo que « Jean-Marc Morandini n’est désormais plus présumé innocent : sa condamnation est effective ». Me Anthony Mottet en profite pour rappeler que le recours envisagé par Jean-Marc Morandini, à savoir « saisir la Cour européenne des droits de l’homme », n’est « pas suspensif de quoi que ce soit ». Pour l’avocat, le groupe Canal+ qui estime de son côté que l’animateur peut rester à l’antenne parce qu’il « continue son combat pour la justice », nage donc en pleine « contradiction ». D’autant que dès 2016, rappelle encore l’avocat, Canal avait affirmé que l’animateur mis en cause « quitterait le groupe sans indemnité en cas de condamnation ».
C’est d’autant un non-sens estime le conseil d’Axel, que Jean-Marc Morandini « a approché ses victimes grâce à son influence médiatique ». Le maintenir à son poste malgré sa condamnation « lui permet de conserver cette influence-là ».
À cet égard, Mediapart avait révélé l’été dernier une situation ahurissante au sein du groupe Bolloré : face à l’inquiétude de parents d’élèves, des stagiaires mineurs de passage chez Europe 1 bénéficiaient d’un traitement spécial pour éviter de croiser Jean-Marc Morandini, déjà interdit à l’époque d’exercer une profession en contact avec des mineurs.


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