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Une cinquantaine de personnes étaient présentes lundi soir à la séance du conseil municipal de Baie-Comeau. Dans la salle comble, plusieurs d’entre elles ont questionné la Municipalité sur les impacts des travaux de la carrière Jean-Fournier sur la vie des résidents du quartier Saint-Georges.
Des résidents, dont une inhalothérapeute, ont interpellé le maire sur les dommages causés par les détonations et sur l’effet des poussières de la carrière sur leur santé. Certains souhaitent le déménagement de la carrière.
Le maire, Michel Desbiens, s’est défendu en expliquant que les pouvoirs de la Ville sont limités dans ce dossier. Il précise qu’un changement de zonage, son principal levier selon lui, ne changerait rien. On peut bien essayer de trouver un nouveau terrain, mais on n'en a pas, lance-t-il.
Se disant impuissant, le maire a suggéré aux citoyens affectés d’entamer une action collective contre la carrière.
Cette séance survient après qu’une centaine de citoyens du quartier Saint-Georges se soient rencontrés le 4 août dernier pour discuter des impacts de la carrière sur leur voisinage.

Le maire de Baie-Comeau, Michel Desbiens, répond aux questions des citoyens.
Photo : Radio-Canada / Etienne Parent
Trois personnes sont également allées au micro pour réagir à une déclaration de la Ville, dans un article paru le 13 août dernier dans le journal Le Manic, selon laquelle aucune plainte officielle concernant les activités de la carrière n’avait été déposée.
Après vérification, le maire a affirmé lors de la séance que des plaintes ont été retrouvées dans les classeurs de la mairie, mais qu’aucune plainte n’était enregistrée dans le système informatique.
Des citoyens auraient aussi été invités à se plaindre auprès du ministère de l’Environnement, qui autorise les activités de la carrière par l’entremise du Règlement sur les carrières et sablières.
Le sujet a donné lieu à un échange corsé entre le maire et l’avocat Christian Maltais, qui réside près de la carrière. Les déclarations de ce dernier ont suscité les applaudissements de plusieurs personnes dans l’assistance.

Le sujet de la carrière a donné lieu à un échange houleux entre le maire de Baie-Comeau et l'avocat Christian Maltais.
Photo : Radio-Canada / Etienne Parent
Christian Maltais estime que la Municipalité n’a pas exploré toutes ses options pour limiter les impacts de l’entreprise sur le voisinage.
Des recours, selon un expert
Avocat spécialisé en environnement, André Durocher explique que les citoyens pourraient effectivement intenter une action collective sur la base que la carrière crée des inconvénients anormaux de voisinage, et ce, après avoir fait des démarches auprès du ministère de l’Environnement.
Il affirme également que la Ville peut réglementer les activités de carrière par son pouvoir de définir et de prohiber les nuisances. De plus, un citoyen seul pourrait utiliser la Loi sur la qualité de l’environnement pour demander l’arrêt des pratiques de l’entreprise, selon André Durocher.
Les responsables de la carrière Jean-Fournier n’ont pas voulu nous accorder d’entrevue, mais stipulent dans une réponse écrite qu’ils accueillent les préoccupations des citoyens avec sérieux et expliquent poursuivre leurs démarches de bonne foi.
Les discussions se poursuivent et nous demeurons ouverts à examiner les différentes avenues.
Sur la question de la relocalisation, l’entreprise dit demeurer ouverte aux discussions avec les autorités et les parties concernées.
Par ailleurs, la Direction de santé publique de la Côte-Nord évalue actuellement la situation afin d’identifier les risques des activités de la carrière sur la santé de la population.
La Ville questionnée également sur le projet de Marinvest
En réponse à des questions sur le projet de gaz naturel liquéfié de Marinvest, qui se nomme maintenant Kino Aski, Michel Desbiens a réitéré à plusieurs reprises qu’aucun projet n’a été déposé par l’entreprise pour l’instant.
Le maire souhaite prendre le temps d’écouter le promoteur avant de se faire une opinion sur le projet. Il précise que la Municipalité demanderait à Québec que le Bureau d’audience publique sur l’environnement se penche sur le projet s’il était déposé.


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