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Les réserves pétrolières offrent un répit temporaire aux conducteurs, sans modifier durablement les prix du carburant.
Lundi 2 novembre, le ministre du Commerce Serge Papin a annoncé une diminution de 12 à 18 centimes par litre dans « plus de la moitié » des stations-service françaises. Une amélioration bienvenue après des mois de flambée des prix. Le litre de gazole, qui atteignait encore 2,38 euros en milieu de semaine précédente, est redescendu autour de 2,29 euros en moyenne.
Macron célèbre ses « solutions concrètes »
Sur X, Emmanuel Macron s’est empressé de revendiquer le succès : « Les prix à la pompe commencent à baisser. Nous y arrivons et ne relâchons pas nos efforts. » Le président évoque des « solutions concrètes qui portent leurs fruits », « sans démagogie » et sans « toucher aux taxes ».
L’opération gouvernementale est réelle. Depuis le 1er novembre, l’État mobilise 10 millions de barils de gazole issus de ses réserves stratégiques. Selon le ministère de l’Économie, ces stocks sont vendus aux distributeurs à leur coût historique d’acquisition, trois à quatre fois inférieur au prix actuel du marché.
Les distributeurs doivent répercuter intégralement cet avantage sur les consommateurs. Le dispositif est prévu pour trois mois, de novembre à janvier.
Autrement dit, le gouvernement utilise du carburant acheté moins cher par le passé pour réduire temporairement la facture. Une intervention concrète, certes, mais qui ne constitue pas une diminution durable de la fiscalité.
Les prix à la pompe commencent à baisser. Nous y arrivons et ne relâchons pas nos efforts.
En octobre, nous avons d’abord décidé de libérer 10 millions de barils de nos réserves stratégiques en France pour faire baisser rapidement la pression sur les volumes et sur les prix.
Nous nous sommes ensuite rendus au Moyen-Orient pour sécuriser nos approvisionnements. Nos partenaires se sont engagés, des volumes substantiels sont sécurisés.
En parallèle, nous avons travaillé main dans la main avec les distributeurs. Ils jouent le jeu et nous tenons à les en remercier.
Le résultat est là : plus d’une dizaine de centimes de baisse par litre de gazole. Cela sans toucher aux taxes. Sans démagogie. Des solutions concrètes qui portent leurs fruits.
Cette guerre, nous ne l’avons pas voulue et ce n’est pas aux Français d’en payer le prix à chaque plein. C’est la raison pour laquelle nous poursuivons les efforts diplomatiques pour le retour de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz.
Une bonne nouvelle donc, qui nous encourage à poursuivre car les prix restent élevés. Et nous restons humbles et vigilants compte tenu des incertitudes géopolitiques qui demeurent dans la région.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) November 2, 2026
Près d’un euro de taxes sur chaque litre de gazole
À 2,27 euros le litre, le gazole supporte environ 99 centimes de prélèvements fiscaux, entre l’accise sur les énergies, ancienne TICPE, et la TVA. Cela représente plus de 43 % du prix affiché à la pompe.
Sur un plein de 50 litres, près de 49 euros partent donc en taxes. Le président peut célébrer les centimes économisés, le fisc conserve sa place dans le réservoir.
Ce choix politique n’a rien de nouveau. Le 28 octobre, Roland Lescure expliquait déjà que les taxes sur les carburants ne l’empêchaient pas de dormir, puisqu’elles permettent notamment de financer les infrastructures.
Une sérénité ministérielle qui contraste avec les factures des automobilistes. En septembre, certaines stations affichaient même le gazole à près de 3 euros le litre.
Une baisse temporaire face à des marchés toujours tendus
La baisse actuelle ne peut pas être attribuée simplement à une détente du pétrole brut. Fin octobre, le Brent évoluait encore au-dessus de 120 dollars le baril. Son cours avait même progressé sur les séances précédentes.
Le prix à la pompe dépend aussi des cotations du gazole raffiné, des coûts de transport, des marges de distribution et du taux de change. Impossible, sans données détaillées sur les marges et les approvisionnements, de chiffrer exactement la contribution de chaque facteur à la baisse constatée.
Le gouvernement promet des contrôles pour empêcher les distributeurs de conserver l’avantage obtenu sur les stocks stratégiques. Une précaution nécessaire lorsque les tensions au Moyen-Orient continuent de menacer les approvisionnements pétroliers.
Pour les conducteurs, l’économie reste appréciable : 18 centimes de moins représentent 9 euros sur un plein de 50 litres. Mais cette réduction est annoncée pour trois mois, tandis que les taxes demeurent inchangées.


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