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Carburant au Cameroun : le FMI réclame des prix indexés sur le marché mondial

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Le FMI hausse le ton. Dans son rapport de consultations 2026 au titre de l’Article IV, le Fonds monétaire international demande au Cameroun de mettre en place un mécanisme d’ajustement automatique des prix du carburant à la pompe. Objectif : que le super à 840 FCFA et le gasoil à 828 FCFA le litre ne dépendent plus d’une décision administrative, mais des coûts réels du marché pétrolier international. Une réforme jugée urgente, mais politiquement sensible.

Ce que le FMI dit, chiffres à l’appui

Les résultats récents sont réels. Les subventions aux carburants sont passées d’environ 1 000 milliards de FCFA en 2022 à une prévision de seulement 15 milliards dans la loi de finances 2025, soit une baisse de plus de 94 % en trois ans. Le litre de super a grimpé de 630 à 840 FCFA entre janvier 2023 et février 2024. Le gasoil a suivi, de 575 à 828 FCFA sur la même période.

Mais pour le FMI, tout ça ne suffit pas.

L’institution estime que ces acquis restent fragiles tant que l’État fixe encore les prix lui-même, indépendamment des coûts réels d’approvisionnement. Sa position est claire : « Seul un mécanisme d’ajustement automatique des prix permettra d’atténuer les risques pour les finances publiques. » Le Fonds ajoute que réduire l’écart entre prix administrés et prix couvrant les coûts réels est une condition préalable à toute réforme durable, tout en appelant à garantir la transparence du barème.

C’est un changement de système, pas juste de chiffres.

Le risque concret d’un retour en arrière

Le contexte international rend l’avertissement moins théorique qu’il n’y paraît. Si le baril se maintient autour de 100 dollars sur l’année 2026, le ministère camerounais des Finances estime que les recettes pétrolières supplémentaires pourraient atteindre environ 180 milliards de FCFA. Ce serait une bonne nouvelle, en partie. Car dans le même temps, le pays reste fortement dépendant des importations de carburants raffinés, malgré sa production de brut. La hausse des cours gonfle mécaniquement la facture des achats à l’étranger.

On ne sait pas encore à quel niveau les cours se stabiliseront, mais les tensions géopolitiques au Moyen-Orient entretiennent l’incertitude. L’expérience de 2022 est dans toutes les mémoires : après le choc russo-ukrainien, les subventions avaient bondi à 460 milliards de FCFA avant que les relèvements de prix ne les fassent reculer à 231 milliards en 2024.

C’est précisément ce scénario que le FMI veut éviter de voir se répéter. Un mécanisme automatique couperait ce lien entre choc extérieur et explosion de la dépense publique, en répercutant les variations de coûts directement sur les prix à la pompe. Pour les ménages camerounais, la question est moins technique qu’elle n’y paraît : qui paiera, et comment ?

Laurent Diby

Laurent Diby

Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.

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