NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Dans une fort longue conférence de presse tenue samedi 3 janvier pour donner les détails de la capture par l'armée américaine du dictateur vénézuélien Nicolás Maduro, le président états-unien Donald Trump a confirmé avec une déconcertante franchise la critique classiquement adressée par la gauche à la politique étrangère américaine: tant qu'il sera au pouvoir, le pétrole passera avant tout le reste.
Au cours des derniers mois, Donald Trump et son entourage ont qualifié leur campagne de pression sur le régime de Nicolás Maduro de guerre contre le «narcoterrorisme» et de lutte pour la restauration de la démocratie. Mais à la suite de l'enlèvement du président déchu vénézuélien lors d'une opération complexe menée par l'armée et les renseignements (l'opération «Absolute Resolve»), le président républicain a clairement affiché ses véritables motivations.
Abonnez-vous gratuitement à la newsletter de Slate !Les articles sont sélectionnés pour vous, en fonction de vos centres d’intérêt, tous les jours dans votre boîte mail.
«Nous allons diriger le pays jusqu'à ce que nous puissions organiser une transition correcte, sûre et judicieuse, a déclaré Donald Trump, le 3 janvier, depuis sa résidence de Mar-a-Lago (Floride). Nous ne pouvons pas prendre le risque de voir quelqu'un d'autre s'emparer du Venezuela, qui n'aurait pas les intérêts du peuple vénézuélien en tête.»
Puis la cerise sur le gâteau: «Nous allons y faire entrer nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus grandes du monde» et dépenser des milliards de dollars pour réparer les infrastructures énergétiques qu'elles ont mises au point il y a des dizaines d'années, avant que les régimes socialistes ne nationalisent leurs puits et ne les ravagent. Les richesses résultant de cette réappropriation manu militari bénéficieront au peuple vénézuélien, a annoncé Donald Trump, tout en précisant qu'une grande partie allait tout de même servir à rembourser les compagnies pétrolières.
Enfin, a poursuivi le président américain, des soldats seront envoyés pour faire appliquer la loi du pétrole, si nécessaire. «Ils disent toujours “des soldats sur le terrain”, on n'a pas peur d'envoyer des soldats sur le terrain», a-t-il également assuré. «On a eu des soldats sur le terrain hier soir» dans le cadre de l'opération d'enlèvement de Nicolás Maduro. Le locataire de la Maison-Blanche a affirmé que l'armée américaine était prête à y retourner si nécessaire.
Pétrole, trafic de drogue et «puissance américaine»
L'armée des États-Unis et la CIA ont un passif notoire d'inféodation ou de renversement de gouvernements d'Amérique centrale et du Sud depuis la Guerre froide –citons le Guatemala, le Brésil, l'Équateur, la République dominicaine, le Chili, sans parler de plusieurs tentatives à Cuba– visant à soutenir les intérêts d'entreprises américaines, notamment United Fruit, IT&T et diverses compagnies pétrolières, entre autres.
Mais rarement les présidents ayant ordonné ces interventions ont été aussi ouverts sur leur motivation première. En général, en public tout au moins, ils parlaient de combattre le communisme ou de défendre la démocratie, même lorsque les ennemis n'étaient pas vraiment des communistes et leurs alliés pas démocratiques pour un sou.
Mais Donald Trump a franchement exposé ses motivations et à plusieurs reprises. Plusieurs fois, lors de sa conférence de presse, il a évoqué l'idée de faire venir de grandes compagnies pétrolières pour leur permettre de récupérer leurs anciennes installations. En réalité, les entreprises américaines n'ont jamais été propriétaires des terrains qu'elles foraient pour puiser les richesses pétrolières vénézuéliennes et, comme dans de nombreux autres pays, les interactions entre exploitants étrangers et les partisans de la nationalisation locaux étaient plus complexes que ne le suggère la façon de le présenter de Donald Trump.
Et il a également évoqué la restauration de «la domination américaine dans l'hémisphère ouest», une politique que sa stratégie de sécurité nationale publiée au début du mois de décembre appelle le «corollaire de Trump» à la doctrine Monroe. «Nous sommes en train de réaffirmer la puissance américaine de façon très puissante dans notre région à nous», a-t-il lancé. Pas pour protéger la démocratie, mais pour le principe.
Nicolás Maduro et sa femme Cilia Flores ont été capturés puis inculpés pour trafic de drogue, «importation de cocaïne» et «narcoterrorisme» par le procureur général de New York. Mais le président américain a quasiment admis que ce n'était pas là la véritable raison de cette opération complexe. Au début du mois de décembre, alors que des agents organisaient l'attaque contre le Venezuela, Donald Trump a gracié l'ancien président du Honduras Juan Orlando Hernández, condamné en juin 2024 à quarante-cinq ans de prison pour trafic de drogue. Interrogé sur le sujet pendant la conférence de presse de samedi 3 janvier, il a justifié ce geste en disant que Juan Orlando Hernández, qui l'avait soutenu, avait été «injustement traité» par l'ancien président Joe Biden.
Ingérence garantie et avenir flou
En ce qui concerne la démocratie, on a demandé à Donald Trump s'il soutiendrait María Corina Machado, prix Nobel de la paix et cheffe du mouvement d'opposition vénézuélien, pour qu'elle accède à la tête d'un nouveau gouvernement –ou s'il lui avait parlé, tout simplement. Donald Trump a répondu non aux deux questions. «Je pense que ce serait très dur pour elle d'être dirigeante. Elle n'est pas respectée dans le pays», a-t-il commenté sur un ton dédaigneux. Il n'a pas non plus mentionné l'opposant Edmundo González Urrutia, qui a revendiqué la victoire à l'élection présidentielle vénézuélienne de juillet 2024 et qui vit depuis exilé en Espagne, après la réélection largement contestée de Nicolás Maduro.
Avant cela, toujours samedi 3 janvier, lors d'une interview accordée à la chaîne Fox News, Donald Trump s'est comporté comme s'il savait à peine qui étaient María Corina Machado ou Edmundo González Urrutia. «Comme vous le savez, ils ont actuellement une vice-présidente. Je veux dire, je ne sais pas quel genre d'élection c'était», a-t-il commenté à propos du scrutin de juillet 2024
Ensuite, durant sa conférence de presse, Donald Trump a d'abord reconnu que la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodríguez –qui est désormais présidente par intérim selon la loi et la Cour suprême du pays– avait été choisie par Nicolás Maduro. Il a ajouté que Marco Rubio, son ministre des Affaires étrangères, «travaille avec» Delcy Rodríguez, qui est «partante pour faire ce qu'il faudra pour rendre sa grandeur au Venezuela».
La loi vénézuélienne requiert qu'un vice-président qui accède à la présidence convoque de nouvelles élections, mais cela ne semble pas à l'ordre du jour. Lorsqu'on lui a demandé qui, précisément, allait «diriger» le Venezuela, Donald Trump a répondu: «Nous nommons plusieurs personnes. […] Ce sera largement les gens qui sont juste derrière moi». Soit le secrétaire d'État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le chef d'état-major des armées des États-Unis, le général Dan Caine.
«Le Venezuela a beaucoup de très mauvaises personnes. Nous n'allons pas prendre le risque qu'une d'entre elles prenne le relais de Maduro», a ajouté le président américain. Lorsqu'on lui a demandé combien de temps prendrait cette transition, Donald Trump a répondu qu'il «aimerait faire ça vite», mais que rebâtir l'infrastructure pétrolière du pays «prend un certain temps».
Impérialisme éhonté et Cuba bientôt sur la liste?
Pour autant, la manière dont les États-Unis vont «diriger» le Venezuela, un pays d'environ 28,5 millions d'habitants, à peu près de la taille du Texas ou de la Californie, est assez floue. Ses hauts gradés militaires, dont la plupart étaient des fidèles de Nicolás Maduro, sont encore en place, tout comme ses ministres et son administration. Donald Trump a affirmé que nombre d'entre eux devraient bientôt changer de camp. Peut-être que oui, peut-être que non.
Il y a également 20.000 à 25.000 Cubains au Venezuela, dont beaucoup sont des membres de l'armée et des renseignements, d'autres des travailleurs du secteur de la santé, et qui tous fournissent des services en échange de pétrole vénézuélien. Vont-ils partir? Va-t-on assister à des luttes de pouvoir? L'armée va-t-elle simplement se conformer aux exigences de Washington en échange de la garantie d'être maintenue au pouvoir?
Et puis il y a des interrogations à plus grande échelle. Le monde entier est non seulement en train de regarder cette opération –un impressionnant affichage tactique de la puissance militaire américaine– mais il est également en attente de ce qui viendra après. La justification de Donald Trump, d'un impérialisme éhonté, pourrait inspirer le président russe Vladimir Poutine à redoubler ses revendications de domination de l'Ukraine et le président chinois Xi Jinping à se sentir encore plus en confiance dans ses revendications sur Taïwan.
D'un autre côté, cela pourrait donner du courage aux activistes antirégime en Iran, d'autant plus que Donald Trump a répété que les États-Unis étaient «prêts, armés et parés à intervenir» afin de punir les dirigeants de Téhéran s'ils tuaient des manifestants.
Enfin, il y a Cuba. Pendant sa conférence de presse du 3 janvier, Donald Trump a souligné les similarités entre Cuba et le Venezuela. Les deux pays ont été dévastés par des dictateurs socialistes et «nous voulons aider les gens à Cuba», a indiqué le chef d'État américain. Marco Rubio, cubano-américain qui a fougueusement soutenu le mouvement anticastriste en Floride (dont il a été sénateur entre 2011 et 2025), a ajouté: «Si je vivais à La Havane et que je travaillais au gouvernement, je ne serais pas tranquille.»
En attendant, le porte-avions américain USS Gerald Ford et son armada, mobilisés au large des côtes vénézuéliennes pendant l'opération, restent déployés et au niveau d'alerte maximal. «Nous sommes prêts à conduire une deuxième attaque, beaucoup plus grande, si nécessaire», a conclu le président des États-Unis.





























.jpg)






French (CA)