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Par Le Figaro avec AFP
Le 18 mai 2026 à 17h45
Le grand réalisateur japonais, Palme d’or 2018, s’interroge sur les conséquences de l’usage l’intelligence artificielle au cinéma. Il présente sur la Croisette en compétition Sheep in the Box.
Passer la publicité Passer la publicitéHirokazu Kore-eda, grand maître du cinéma japonais et Palme d'or 2018, se battra « jusqu'au bout » pour qu'un humain intervienne « à chaque étape de fabrication d'un film », a affirmé dimanche 17 mai à Cannes où son nouveau film Sheep in The Box est en compétition.
« J'ai bien conscience que le métier d'acteur est menacé par l'intelligence artificielle (...). De mon côté j'essaie énormément de privilégier l'aspect très artisanal des choses et je défendrai jusqu'au bout le fait qu'un être humain doit intervenir à chaque étape de la fabrication d'un film », a déclaré le réalisateur dans un entretien accordé à l'AFP et traduit par une interprète.
Déjà sélectionné à huit reprises en compétition à Cannes, Kore-eda reconnaît qu'il est « très tentant » de recourir à l'IA pour des questions de productivité mais défend aussi un processus de création humain, plus lent et incertain. « Ce travail-là doit être préservé à tout prix », estime-t-il. « Ce temps pourrait être considéré comme du temps perdu, à hésiter, à se poser des questions, à tergiverser mais on en a besoin pour se penser soi-même, se positionner ».
Kore-eda interroge l’IA et le deuil
Le cinéaste se dit par ailleurs partagé sur la potentielle utilisation de l'IA pour alléger la douleur de familles endeuillées, thématique au cœur de son nouveau film Sheep in the Box où des parents accueillent un androïde en tout point semblable à leur enfant disparu. « Ça m'inquiète et en même temps je comprends le désir que certains peuvent avoir de retrouver leurs morts », dit-il. « Moi-même, quand j'ai perdu mes parents, j'ai eu le regret de ne pas avoir pu leur adresser un dernier mot, donc je peux entendre qu'on peut vouloir renouer ou repartager du temps avec nos morts ».
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Cette technologie est encore en développement mais ouvrirait, si elle aboutissait, de nouvelles questions sur notre rapport aux défunts, selon le cinéaste. « Je me demande s'il ne faudra pas alors se poser la question du droit des personnes défuntes et de notre droit, nous vivants, de nous emparer de la mémoire et des souvenirs de la personnalité des gens qui ont été avec nous ».
Là encore, le cinéaste plaide pour une approche humaine. « Il faut se demander comment entretenir nous-mêmes ce rapport aux morts en tant qu'être humain, non pas en dépendant de quelque chose mais peut-être en trouvant ces ressources à l'intérieur de nous ».


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