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Canicule : pourquoi on ne connaîtra pas tout de suite le bilan du nombre de morts en juin

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France 29/06/2026 17:12 Actualisé le 29/06/2026 17:50

Les données publiées dimanche par Santé Publique France sont loin d’être exhaustives, alors que les épisodes de canicule ont des effets différés sur la santé.

Près de 1 000 décès supplémentaires ont été constatés depuis le mercredi 24 juin par rapport aux mois précédents, a fait savoir Santé Publique France dans un premier bilan provisoire lié à la canicule de juin. (Photo d’illustration)

LOIC VENANCE / AFP

Près de 1 000 décès supplémentaires ont été constatés depuis le mercredi 24 juin par rapport aux mois précédents, a fait savoir Santé Publique France dans un premier bilan provisoire lié à la canicule de juin. (Photo d’illustration)

EN BREF Santé Publique France a constaté une surmortalité de 1 000 décès depuis le 24 juin par rapport aux mois précédents, mais les données sont partielles et sous-estimées.
La méthode de collecte des données varie, avec une couverture incomplète des décès à domicile et en Ehpad.
Les effets différés de la chaleur sur la santé compliquent aussi l’établissement d’un bilan précis.

Des données encore partielles. Santé Publique France a fait un premier point, dimanche 28 juin, sur la surmortalité liée à la canicule. Près de 1 000 décès supplémentaires ont été constatés depuis le mercredi 24 juin - qui a compté parmi les journées les plus chaudes jamais enregistrées en France - par rapport aux mois précédents, a fait savoir l’agence.

Ces premières données de surmortalité doivent être toutefois consolidées. « Les tendances observées doivent être interprétées avec prudence car les données sont sous estimées », a d’emblée prévenu l’agence de santé dans son bilan dimanche. « La mortalité sera en conséquence plus élevée que ces premières données », est-il appuyé. On vous explique pourquoi le bilan risque de s’alourdir.

• Des certificats de décès pas encore comptabilisés

Dans son premier bilan, Santé Publique France signale en effet que ses données sont basées sur la remontée des certificats électroniques de décès. Or, « elle n’est pas exhaustive et permet d’enregistrer habituellement environ 60 % de la mortalité nationale », est-il indiqué.

La méthode varie d’une région à l’autre, mais surtout du type de lieu de décès. Alors que la remontée des certificats électroniques de décès permet d’enregistrer 80 % de la mortalité en établissement hospitalier, elle ne comptabilise que 45 % des décès en Ehpad et seulement 25 % de ceux survenant à domicile.

Les données sont ainsi sous-estimées en particulier pour « les décès à domicile », relève Santé Publique France, alors que plusieurs chiffres font déjà craindre une surmortalité dans les foyers. SOS Médecins a dressé, dimanche, 3,5 fois plus de constats de décès lors des visites à domicile qu’habituellement, a rapporté la fédération auprès du Monde.

• Des effets différés sur la santé

Malgré la baisse des températures ce lundi 29 juin, la canicule continue d’entraîner des conséquences sur la santé. Le Conseil national de l’Ordre des médecins a appelé, ce lundi, à une « vigilance accrue » sur ces effets différés. « L’intensité et la durée de cet épisode canicule peuvent entraîner, y compris plusieurs jours après, une altération progressive de l’état de santé, notamment chez les personnes les plus vulnérables », a rappelé le conseil, citant les personnes âgées, isolées, exposées à la chaleur ou atteintes de pathologies chroniques.

Les effets de la chaleur peuvent ainsi entraîner une déshydratation ou aggraver une maladie chronique plusieurs jours après un retour des températures à la normale, et parfois brutalement. « L’objectif est d’éviter d’atteindre des situations graves nécessitant perfusion ou hospitalisation », a expliqué le Conseil national de l’Ordre des médecins dans son communiqué.

Les hôpitaux ne vont donc pas se désemplir immédiatement. « On espère ne plus avoir de patients en hyperthermie, mais des patients déshydratés ou fatigués, qui ont décompensé leur pathologie, on va en avoir beaucoup », soulignait Mathias Vargon, chef du service des urgences et du Smur de l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis, sur franceinfo ce lundi.

• Un bilan connu d’ici plusieurs mois

Des données plus précises sont attendues de la part de Santé Publique France d’ici deux semaines. Comme le rappelle l’agence sur son site, les données d’urgence de ville et d’urgences hospitalières sont analysées tous les jours en cas d’alerte canicule. Ensuite, « 15 jours après la fin de chaque épisode de canicule, Santé Publique France publie un point épidémiologique incluant une première estimation de l’excès de mortalité toutes causes observées pendant l’épisode de canicule ».

Lors des années précédentes, des points sur l’excès de mortalité avaient été publiés entre quinze et vingt jours après la date de fin de chaque épisode de canicule.

Il faudra ensuite attendre plusieurs mois pour connaître les décès directement attribuables à la chaleur. Certains décès peuvent être décomptés des données publiées pendant l’été, quand d’autres sont ajoutés. Cette mortalité est calculée à partir de données observées entre 2014 et 2022 « sur une relation exposition risque », précise l’agence.

Pour l’été 2025, Santé Publique France avait publié en février dernier le nombre de décès attribuables à la canicule sur l’ensemble de la période de surveillance de l’été, qui court du 1er juin au 15 septembre. 5 700 décès avaient été attribués à une exposition de la population à la chaleur, dont 1 900 pendant les épisodes de canicule.

Ces chiffres étaient bien plus élevés que les deux points de situation publiés dans l’été. Ces derniers avaient estimé à 760 le nombre de décès en excès, toutes causes confondues, au cours des deux épisodes de canicule les plus importants.

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