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France 30/06/2026 15:48 Actualisé le 30/06/2026 16:43
La première canicule de l’année, qui a surtout touché l’ouest de la France à la fin du mois de mai, était inédite pour ce mois.

FREDERIC SCHEIBER / Hans Lucas via AFP
Santé publique France a dressé un premier bilan de la surmortalité calculée pendant la première canicule de l’année, en mai (photo d’illustration prise le 22 juin 2026 à Toulouse).
EN BREF • Une surmortalité d’au moins 300 décès, soit une hausse de 14 %, a été observée pendant la canicule inédite du mois de mai, selon Santé publique France.
• Les plus de 75 ans sont les plus touchés, principalement dans l’Ouest et l’Île-de-France.
• Les chiffres de juin restent provisoires, mais pourraient dépasser 1 000 décès.
C’est une donnée particulièrement scrutée, alors que la France se prépare à des canicules plus régulières et plus intenses. La surmortalité, c’est-à-dire la différence entre le nombre de décès attendu et le nombre de décès observé, offre une illustration concrète des conséquences dramatiques de ces épisodes de chaleur. Si le chiffre de 1 000 décès supplémentaires comptabilisés pendant la canicule de cette fin juin n’est encore que très partiel, celui de la surmortalité pendant l’épisode du mois de mai est, lui, quasi-définitif.
Cette canicule survenue entre le 24 et le 28 mai, inédite pour ce mois, a causé « au moins 300 décès » de plus que d’habitude, soit une augmentation de 14 %, a annoncé Santé publique France ce mardi 30 juin. Les plus de 75 ans sont, comme toujours, les plus représentés avec 230 morts. Ils se trouvaient en grande majorité dans des départements de la façade atlantique et en Île-de-France.
Ces décès sont « toutes causes confondues » et ne sont pas « forcément liés à la canicule », a précisé la directrice générale de Santé publique France, Caroline Semaille. Le nombre de décès liés à la chaleur sera connu ultérieurement.
Ce chiffre englobe la surmortalité mesurée dans six départements des régions Bretagne et Pays de la Loire touchés par cette canicule, c’est-à-dire dont les seuils d’alerte départementaux de température ont été dépassés durant au moins 3 jours consécutifs (Côtes-d’Armor, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Manche, Morbihan, Vendée), ainsi que dans les 11 autres départements en vigilance orange à ce moment-là (situés en Bretagne, Pays de la Loire, Île-de-France, Normandie et Nouvelle-Aquitaine). Il est établi à partir des données de décès de l’état civil transmises par l’Insee et comparé à un chiffre attendu de décès basé sur les six années précédentes, hors évènements extrêmes.

Santé publique France
Carte de la « surmortalité relative départementale » dans les départements en vigilance orange à la fin du mois de mai.
Les chiffres de juin devraient être « bien plus importants »
Pour la canicule de juin, un premier bilan d’un millier de décès de plus que la normale depuis le 24 juin a été dévoilé dimanche, mais il est voué à s’alourdir. En effet, il repose principalement sur des morts recensées via les certificats électroniques de décès, qui « ne couvrent que 60 % en moyenne des décès », a précisé le cabinet de la ministre de la Santé lors de la conférence de presse.
Or la canicule à peine achevée a touché « de façon bien plus importante les personnes isolées à domicile », de sorte « qu’on s’attend à ce que les chiffres, une fois consolidés, soient bien plus importants » que les 1 000 déjà recensés.
Pour autant, « l’ordre de grandeur nous laisse penser qu’on sera quand même sous les niveaux » de surmortalité de la canicule de 2003, qui avait tué près de 15 000 personnes dans l’hexagone.


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