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Canicule : les syndicats réclament une meilleure protection des travailleurs

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Par Le Figaro avec AFP

Le 11 juillet 2026 à 09h36

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«Les travailleurs et travailleuses n’ont pas rendez-vous avec la canicule à Noël. Ils y sont confrontés aujourd’hui!», lance Sophie Binet.

«Les travailleurs et travailleuses n’ont pas rendez-vous avec la canicule à Noël. Ils y sont confrontés aujourd’hui!», lance Sophie Binet. LOIC VENANCE / AFP

La CGT réclame un changement de loi «d’urgence» et l’instauration d’un seuil de température maximale. Le décret de juin 2025, qui a renforcé les obligations des entreprises, n’est pas «suffisamment appliqué», déplore l’organisation.

De l'eau et des horaires décalés en urgence ne suffisent pas. Avec trois canicules successives avant même les congés estivaux, les syndicats réclament des règles renforcées pour mieux protéger les travailleurs contre les fortes chaleurs. «Notre droit du travail  est bloqué dans le climat d'hier», a martelé jeudi la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Parmi les 4000 personnes ayant répondu à l'enquête lancée le 4 juillet par le syndicat, près de 24% ont déclaré n'avoir bénéficié d'aucune mesure de protection dans leur travail.

La CFE-CGC, syndicat de l'encadrement, rappelle sur son site les «nouveaux devoirs des employeurs face aux fortes chaleurs». Ceux-ci figurent essentiellement dans un décret de juin 2025, qui a renforcé les obligations des entreprises, comme fournir suffisamment d'eau fraîche, adapter l'organisation du travail ou procurer des équipements permettant de limiter les effets des fortes températures, avec une gradation des mesures à prendre selon les seuils de vigilance de Météo-France.

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Mais «il n'est pas suffisamment appliqué, trop d'entreprises continuent à tourner comme si de rien n'était», dénonce auprès de l'AFP Isabelle Mercier, secrétaire nationale de la CFDT. La première centrale syndicale insiste pour que, dans l'immédiat, les entreprises appliquent «les mesures d'urgence qui sont nécessaires», avec de l'activité partielle si besoin, et souligne le «besoin de renforcer les contrôles» par l'inspection du travail, qui peut émettre des mises en demeure, mais pas faire cesser immédiatement une activité.

Cyril Chabanier, président de la CFTC, déplore aussi que peu de préfets aient finalement pris des arrêtés pour arrêter les chantiers l'après-midi. «On est dans la gestion de crise, mais il faut à la rentrée qu'on repense l'organisation du travail», estime Eric Gautron, secrétaire confédéral de FO.

Sortir de l'urgence

En juin, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a proposé la mise en place à l'automne d'un groupe de travail paritaire pour anticiper les coups de chaud de 2027. «Mais les travailleurs et travailleuses n'ont pas rendez-vous avec la canicule à Noël. Ils y sont confrontés aujourd'hui!», rétorque Sophie Binet, qui réclame un changement de loi «d'urgence» s'appliquant à tous.

Car la chaleur peut aussi devenir facteur d'inégalités accrues entre salariés. «Dans les petites entreprises où il n'y a pas de CSE, où il n'y a plus de syndicats, moins de protection, moins de formes de résistance, il est plus difficile de faire entendre sa voix», explique Liza Baghioni, sociologue au Centre d'Études et de Recherches sur les Qualifications (Céreq). «Dans l'intérim, dans les secteurs, notamment, du BTP, de la logistique, mais aussi de l'agriculture ou la grande distribution, clairement, cela va être des facteurs aggravants dans l'exposition aux risques liés à la canicule», ajoute-t-elle.

La CGT exige qu'un nouveau décret fixe dès cet été des températures au-delà desquelles le travail serait interrompu ou adapté et instaure un congé intempéries pour tous avec maintien de salaire. Mais le syndicat a reçu une fin de non-recevoir du ministre du Travail, qui défend de «mettre en place des accords d'entreprise». Pour la CFDT, la loi «pourrait imposer des négociations dans les entreprises sur l'organisation du travail». «On ne peut pas dire aux gens le mardi pour le vendredi: on va changer les horaires de travail», insiste Isabelle Mercier. Pour elle, il faut sortir «d'une dynamique où on gère l'urgence» et prendre en compte l'incidence des canicules sur la vie des salariés.

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Même avis à la CFTC, Cyril Chabanier souhaitant «qu'il y ait au moins l'obligation par le gouvernement de négocier» dans les branches professionnelles «dès la rentrée» pour qu'en mars 2027, «tout soit prêt». FO demande également «un cadrage national», avec une fixation de seuils de températures, et des négociations par branche. «Il faut qu'on fasse évoluer toute la société par rapport à ça, et ça commence par le Code du travail», estime Eric Gautron.

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