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Ce projet vise à créer d’ici à 2032 une liaison fluviale à grand gabarit pour faciliter le transport de marchandises entre la région parisienne et la mer du Nord. Ses opposants dénoncent notamment la flambée des coûts et ses conséquences environnementales.
Lors d’une manifestation contre le projet de canal Seine-Nord Europe à Thourotte (Oise), le 11 octobre 2025. Une manifestation a rassemblé plus d’un millier de personnes, samedi 11 juillet après-midi, à Oisy-le-Verger (Pas-de-Calais), contre le chantier du canal Seine-Nord Europe, mais une moitié est vite sortie du parcours autorisé pour mettre le cap vers le chantier.
« Laisse béton, stop à la bétonnisation », « l’eau pour la vie, pas pour leurs profits », pouvait-on lire sur des banderoles, au départ de la manifestation contre cette infrastructure d’ampleur qui doit relier la Seine en région parisienne aux grands ports du nord de l’Europe.
« C’est un canal qui est hyper cher » et « destructeur de l’environnement, autant pour les espèces que pour le cycle de l’eau », a dénoncé Claire Aubois, porte-parole des Naturalistes des Terres et du collectif Méga Canal Non Merci, appelant à arrêter le chantier.
La manifestation, organisée notamment par le collectif Méga Canal Non Merci, les Soulèvements de la Seine et de la Terre, Extinction Rebellion et la Confédération paysanne, s’est lancée en musique, encadrée par près de 900 membres des forces de l’ordre.
Le parcours autorisé vendredi par la préfecture prévoyait que le cortège reste à l’écart d’un chantier de grande écluse, débuté en juin. Mais peu après 15 heures, près de la moitié des manifestants ont quitté ce tracé pour se diriger vers les travaux.
Survolés par deux hélicoptères, ils ont marché à travers champs en coupant des clôtures et en déterrant des piquets, selon des journalistes de l’Agence France-Presse. Ils ont ensuite lancé des mortiers de feux d’artifice, provoquant un départ de feu dans un champ, a annoncé la préfecture sur X. Les forces de l’ordre ont répondu avec des gaz lacrymogènes.
Un projet non « viable » à l’heure du réchauffement climatique
Le futur canal, long de 107 kilomètres et large de 54 mètres, a pour objectif de créer, d’ici à 2032, une liaison fluviale à grand gabarit pour faciliter le transport de marchandises entre la Seine et les grands ports de la mer du Nord. Le chantier a été lancé en 2022 après des dizaines d’années de concertation, a rappelé cette semaine Jean-Yves Dareaud, directeur de territoire Artois-Cambrésis à la Société du Canal Seine-Nord Europe.
Pour Stéphanie Bocquet, secrétaire régionale des Ecologistes du Nord-Pas-de-Calais, il y a des « doutes sur le report modal », des bateaux vers les camions. Elle appelle à mettre en place un « moratoire, se poser et réfléchir ». Le député nordiste de La France insoumise (LFI) Aurélien Le Coq a dénoncé un « méga scandale » qui servirait « les intérêts de l’agro-industrie » en fonctionnant comme une autoroute fluviale.
Anne Stambach-Terrenoir, députée LFI de Haute-Garonne, également présente, a renchéri en décrivant un projet non « viable » à l’heure du réchauffement climatique : « L’aménagement du territoire, on doit le penser à l’aune de ce que nous vivons aujourd’hui, qui est une urgence écologique comme l’humanité n’en a jamais pensé. »
Un village militant « associatif et festif » a été installé en parallèle jusqu’à dimanche à Villers-au-Tertre (Nord), avec tables rondes, ateliers et concerts.
En octobre dernier, plus d’un millier de personnes avaient déjà manifesté dans l’Oise pour appeler à stopper le chantier du canal. La marche s’était déroulée dans le calme et, là encore, sous haute surveillance des forces de l’ordre.
Le Monde avec AFP


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