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Ottawa étudie un câble sous‑océanique transatlantique vers l’Europe
Publié le 20.10.2026 à 23h49 – Par Sophie Martin – Temps de lecture 3mn
Le gouvernement canadien étudie un projet de câble sous‑océanique transatlantique
Image d’un câble FO d’illustrationBloomberg rapporte : Contexte historique des câbles sous‑océaniques
Depuis les années 1990, les réseaux de câbles sous‑océaniques ont permis la croissance exponentielle d’Internet. Les premiers transatlantiques, comme le câble TAT‑8, ont relié l’Europe à l’Amérique du Nord en 1988, ouvrant la voie à la mondialisation numérique. Au fil des décennies, le nombre de câbles a doublé, créant un maillage dense entre les continents. Le Canada, en tant que pays à faible densité de population, dépendait longtemps de câbles traversant les États‑Unis pour accéder aux marchés internationaux.
Le gouvernement du Canada examine un projet de financement et de construction d’un câble sous‑océanique transatlantique qui reliera directement le Canada à l’Europe, en contournant les États‑Unis.
Enjeux économiques et stratégiques
Un câble direct entre le Canada et l’Europe renforcerait la compétitivité des entreprises canadiennes, notamment dans les secteurs de la technologie, de la finance et de la recherche. Les temps de latence réduits favoriseraient le développement de services à haute performance, comme le cloud computing, la réalité virtuelle ou les transactions financières en temps réel. De plus, la présence d’une infrastructure indépendante diminuerait la dépendance vis-à-vis des États‑Unis, un facteur stratégique dans un contexte géopolitique où la souveraineté numérique est de plus en plus valorisée.
La ligne de communication pourrait s’étendre sur 4 500 kilomètres, de la Norvège jusqu’au Canada, indique Bloomberg. Le coût total du projet est estimé à plus de 620 millions de dollars.
L’initiative appartient à la société norvégienne Bulk, spécialisée dans la construction et la pose de câbles sous‑marins. Toutefois, la société est détenue à 65 % par la filiale canadienne Sun Life Financial Inc., et plusieurs fonds de pension canadiens y investissent également. Le projet de pose du câble a été présenté lors du sommet mondial des investisseurs, organisé par le gouvernement canadien en septembre.
Les fonds de pension canadiens, déjà investis dans la filiale de Bulk, voient dans ce projet une opportunité de diversification. Les investissements dans les infrastructures de télécommunication sont souvent perçus comme des placements à long terme, offrant des rendements stables et une protection contre la volatilité des marchés financiers. En outre, la participation de Sun Life Financial Inc. souligne l’intérêt croissant des institutions financières à soutenir des projets qui renforcent les réseaux de communication essentiels à l’économie mondiale.
Selon Bloomberg, les représentants de l’Union européenne et du Canada doivent d’abord planifier et approuver le projet et son tracé. La première étape consistera à publier un communiqué conjoint le 29 octobre à Montréal, annonçant que le Canada et l’Union européenne chercheront « la meilleure façon d’améliorer les connexions numériques entre l’Europe, le Canada et l’Asie grâce à une nouvelle infrastructure de câble sous‑océanique ».
Actuellement, le Canada et d’autres pays ne sont reliés que par quelques câbles sous‑marins traversant les États‑Unis, et aucun d’eux ne se trouve en possession d’entreprises canadiennes. Le plus important d’entre eux, Topez, appartient à Alphabet, la société mère de Google, et relie le Canada au Japon.
Après l’annonce conjointe prévue en octobre, les négociations entre le Canada et l’Union européenne devraient se concentrer sur le tracé précis du câble, les exigences techniques et les accords de partage de coûts. Les autorités compétentes devront également évaluer les impacts environnementaux, notamment sur les habitats marins et les activités de pêche. Une fois ces aspects validés, les travaux de pose pourraient débuter dans les deux prochaines années, avec une mise en service attendue vers la fin de la décennie. Les questions en suspens concernent notamment la durée de la garantie du câble, les mécanismes de maintenance et la répartition des bénéfices entre les parties prenantes.
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