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La députée du Wouri-Est, Nourane Fotsing, a annoncé ce mardi sur sa page Facebook son intention de déposer une proposition de loi pour interdire l’utilisation de faux profils et de faux noms sur les réseaux sociaux au Cameroun. Une annonce courte, directe, mais qui ouvre un débat sensible sur l’anonymat en ligne dans un pays où les tensions numériques sont de plus en plus visibles.
Une proposition de loi qui vise l’anonymat en ligne
Dans sa publication, l’élue du PCRN — Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale — est sans ambiguïté : « Je déposerai une proposition de loi pour interdire l’utilisation des faux profils et des faux noms sur les médias sociaux. »
Aucun calendrier précis n’a encore été communiqué. Mais la démarche est claire : porter la question de l’identité numérique directement à l’Assemblée nationale.
Connue pour son activisme sur les réseaux, Nourane Fotsing n’est pas étrangère aux débats liés au monde digital. Son annonce intervient dans un contexte où les faux comptes prolifèrent sur Facebook, TikTok ou X — utilisés pour du harcèlement, de la désinformation, des escroqueries ou des attaques politiques ciblées. Au Cameroun, plusieurs personnalités publiques, journalistes et simples citoyens ont déjà été victimes d’usurpation d’identité en ligne ou de campagnes de diffamation menées depuis des comptes anonymes.
Entre protection et liberté d’expression : un équilibre délicat
Si l’intention de protéger les citoyens est compréhensible, la proposition soulève déjà des questions importantes. L’anonymat en ligne est, pour beaucoup, une protection nécessaire — notamment pour les lanceurs d’alerte, les opposants politiques, les victimes de violences qui témoignent, ou simplement les personnes qui craignent des représailles.
Dans plusieurs pays, des lois similaires ont été présentées comme des outils de lutte contre la cybercriminalité, mais ont aussi été utilisées pour réduire la liberté d’expression. Le cadre juridique existant au Cameroun — notamment la loi de 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité — prévoit déjà des dispositions sur l’usurpation d’identité numérique, mais leur application reste limitée.
La vraie question n’est donc pas seulement celle de la loi, mais celle de son usage possible : qui serait visé en priorité, et par qui ?


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