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Ils gardent nos enfants, conduisent nos voitures, entretiennent nos maisons. Pourtant, au Cameroun, la grande majorité des travailleurs domestiques n’a ni contrat, ni couverture sociale, ni protection en cas d’accident. Un vide qui dure depuis trop longtemps — et que certains pays voisins commencent déjà à combler.
Des milliers de travailleurs sans filet de sécurité
Au Cameroun, nounous, gardiens, femmes de ménage et chauffeurs particuliers évoluent pour la plupart dans un informel total. Aucune obligation légale ne contraint aujourd’hui les particuliers employeurs à les affilier à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS).
Pourtant, le Code du travail camerounais reconnaît formellement le travail domestique comme une relation d’emploi. Sur le papier, ces travailleurs ont des droits. Dans les faits, ils restent exposés aux licenciements sans préavis, aux accidents non pris en charge et à une vieillesse sans retraite. Des milliers de familles camerounaises emploient du personnel de maison sans jamais effectuer la moindre déclaration.
Une réforme possible, des exemples qui existent
La solution n’est pas à inventer. Dans la sous-région, le Gabon vient d’adopter le décret n°599/PR, qui rend obligatoire l’affiliation du personnel de maison à la sécurité sociale. Les employeurs gabonais qui ne déclarent pas leurs employés s’exposent désormais à des amendes allant jusqu’à 500 000 FCFA par employé non déclaré, voire un mois d’emprisonnement.
Au Cameroun, une réforme similaire adossée à la CNPS permettrait d’élargir la base des cotisants, de sortir ces travailleurs de la précarité et de responsabiliser les employeurs. Le cadre juridique existe déjà. Il ne manque qu’une volonté politique claire pour franchir le pas.
Tant que rien ne bouge, ce sont des centaines de milliers de Camerounais qui continuent de travailler sans protection, dans des foyers qui ne leur reconnaissent aucun droit réel. Une situation difficile à défendre à l’heure où la protection sociale figure parmi les priorités affichées du gouvernement.


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