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Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a lancé une pétition en ligne pour dénoncer les récentes réformes adoptées lors de la session parlementaire de mars 2026. Le leader de l’opposition appelle tous les Camerounais, « sans considération de bord politique », à signer massivement pour rejeter ce qu’il qualifie de coup d’État constitutionnel et institutionnel.
Trois griefs majeurs contre les réformes de mars 2026
La pétition, intitulée « Non au coup d’État constitutionnel et institutionnel au Cameroun perpétré par le régime RDPC », cible trois points précis.
Premier grief : la création d’un poste de Vice-Président de la République avec droit de succession automatique en cas de vacance du pouvoir. Pour Kamto, cette disposition viole directement l’article 64 de la Constitution, qui interdit toute révision en période de crise ou sous pression. Il y voit une manœuvre pour organiser une succession présidentielle de gré à gré, sans consulter le peuple.
Deuxième grief : la prorogation successive du mandat des députés, en violation de l’article 15 alinéa 4 de la Constitution, qui encadre strictement la durée des mandats parlementaires.
Troisième grief : la prorogation des mandats des conseillers municipaux, obtenue selon lui par une manipulation des dispositions de la loi électorale limitant la durée de ces prolongations.
En résumé, le MRC accuse le régime en place d’avoir profité d’une session parlementaire pour verrouiller la succession au sommet de l’État et maintenir artificiellement en poste des élus dont les mandats sont expirés — le tout sans référendum populaire.
Une mobilisation citoyenne au-delà des partis
Ce qui distingue cette initiative, c’est son ambition transpartisane. La pétition ne s’adresse pas uniquement aux militants du MRC. Elle invite tous les Camerounais à s’exprimer, quelle que soit leur appartenance politique.
« Nous devons tous ensemble exprimer clairement, haut et fort, notre rejet », écrit Kamto dans son appel. Le message est direct : cette révision ne concerne pas un camp, elle touche l’ensemble des citoyens et l’avenir des institutions du pays.
La mobilisation est en cours. Le compteur de signatures tourne, et la pétition circule activement sur les réseaux sociaux camerounais depuis son lancement.
La balle est désormais dans le camp des Camerounais. Que la pétition recueille des milliers ou des millions de signatures, elle pose une question que les institutions ne pourront pas ignorer indéfiniment : qui décide de l’avenir du Cameroun — le peuple ou le Parlement ?


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