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Le Cameroun a dépensé plus de 800 milliards de FCFA en 9 ans pour produire du riz local — et importe encore pour 340 milliards de FCFA par an. Pendant ce temps, le Nigeria investissait 680 milliards, fermait ses frontières aux importations et devenait l’un des plus grands producteurs africains pour 200 millions d’habitants. Une comparaison brutale qui écrase toute logique. Alors, où est passé l’argent du riz camerounais ?
Avec 680 milliards de FCFA investis entre 2022 et 2024, le Nigeria produit aujourd’hui plus de 7 millions de tonnes de riz par an. Le pays avait même fermé ses frontières aux importations, impliqué sa Banque centrale, ses coopératives, ses industriels. Résultat : une souveraineté alimentaire réelle pour une nation de plus de 200 millions d’habitants.
Au Cameroun, la logique s’inverse. 800 milliards de FCFA sortis du trésor public depuis 2017, et pourtant le pays peine à produire 250 000 tonnes par an. Le même gouvernement qui finance la production locale autorise en parallèle des importations massives. En 2020, le ministre des Finances accordait à un opérateur privé le droit d’importer 200 000 tonnes de riz en franchise de droits de douane. En 2019, le Cameroun avait déjà importé 905 107 tonnes.
Des milliards dépensés, des usines fantômes et zéro résultat
Le cas de l’agropole de Galim, dans la région de l’Ouest, illustre parfaitement le problème. En 2012, 1,2 milliard de FCFA injectés pour une usine de décorticage à Bazingang. Dix ans après, pas une seule machine en activité. À la place : un BIP pour financer des installations électriques sur un site fantôme. « L’opacité dans la gestion des projets est le meilleur moyen de détourner les fonds », dénoncent des observateurs économiques.
Ni le MINFI, ni le MINEPAT, ni le MINADER ne semblent s’en émouvoir. Des voix s’élèvent désormais pour interpeller Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d’État et SGPR, qui dispose d’un droit de regard sur tous les ministères. La survie du riz camerounais dépend peut-être de sa décision.


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