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Le conseil municipal de Calgary a voté mardi en faveur d’un programme visant à réduire le gaspillage hydrique. Ce plan modifie la réglementation sur la consommation d’eau, incluant un horaire d’arrosage extérieur obligatoire.
La Ville propose 11 mesures pour réduire les pertes, notamment la modernisation des compteurs d'eau, la promotion d’appareils à faible débit et le point le plus controversé : la mise en œuvre d’un calendrier d’arrosage.
Désormais, les résidents dont l'adresse est un nombre impair peuvent arroser le mercredi, le vendredi et le dimanche. Ceux ayant une adresse paire peuvent le faire le mardi, le jeudi et le samedi.
L'arrosage sera limité aux périodes comprises entre 19 h et 10 h.
L'horaire ne concerne que l’arrosage des pelouses, précise la responsable de la planification et des politiques environnementales à la Ville de Calgary, Rehana Rajabali.
Si vos enfants veulent jouer sous les gicleurs, ou si vous voulez remplir votre piscine, ces activités ne sont pas touchées par les restrictions , explique-t-elle.
Il est à noter que l'horaire ne s'applique pas non plus à l'arrosage des potagers ni aux nouveaux aménagements paysagers.
Des opinions partagées
Certains conseillers craignent que cet horaire obligatoire ne soit perçu comme une mesure trop autoritaire. Le maire Jeromy Farkas a voté en faveur du plan global, tout en s'opposant aux restrictions obligatoires.
Selon lui, la Ville devrait plutôt prioriser l'accélération des investissements dans les infrastructures pour colmater les fuites.
Les responsables municipaux estiment que Calgary a perdu 22 % de son eau traitée à cause des fuites dans son réseau en 2024. À titre de comparaison, le bris majeur de l'aqueduc de Bearspaw n'a représenté que 0,5 % de ces pertes annuelles.

Au sein du conseil municipal, les avis sont mitigés. Après plusieurs heures de débat, le conseil a voté à 10 contre 5 en faveur du Plan d’efficacité de l’eau. Le conseiller Andre Chabot a voté en faveur.
Photo : Radio-Canada / Brendan Coulter (CBC)
Je ne soutiens pas les restrictions obligatoires en dehors des périodes de sécheresse extrême ou des situations d'urgence. Le plan part d'une bonne intention, mais il rate sa cible quant à ce que les Calgariens sont prêts à accepter en ce moment.
Sur le terrain, certains citoyens rencontrés mercredi partagent ce scepticisme. Une Calgarienne qui n’a pas souhaité être nommée a affirmé qu'elle n'avait pas l'intention de s'y conformer.
À ses côtés, son amie Hayley abonde dans le même sens : Pourquoi devrions-nous payer pour la mauvaise gestion de la ville? se questionne-t-elle.
À l'inverse, d'autres résidents acceptent la mesure.
Terry et Wayne, un couple dans la soixantaine qui habite un complexe en copropriété, ne gèrent pas l'arrosage extérieur, sauf pour leurs fleurs. Si la Ville estime que c’est nécessaire, alors je suis pour [la mesure], explique Terry.
Les mesures touchent autant les résidents que les entreprises, à l'exception des cimetières ou de ceux utilisant de l'eau non potable, comme l'eau de pluie. Les terrains de golf sont également assujettis à la mesure s’ils utilisent de l’eau provenant de l’aqueduc municipal.

Des sections de tuyaux sont placées dans une zone de stockage près du chantier de réparation de la conduite d'alimentation Bearspaw, à Calgary.
Photo : Mike Symington
Un mal nécessaire
Selon la Ville, resserrer la vis est impératif : la sécurité hydrique est menacée par un approvisionnement limité, une croissance démographique rapide et les changements climatiques.
Selon Rehana Rajabali, les pics de demande estivale sont directement liés à l'entretien des pelouses. C'est pourquoi nous croyons que de répartir l'utilisation sur différents jours peut aider.
Lors d'une journée d'été moyenne, l'arrosage extérieur représente 20 % de la consommation totale de la ville. Cela représente 40 millions de litres d'eau économisés chaque jour en étalant la demande , précise-t-elle.
Le conseiller du quartier 6, John Pantazopoulos, admet que la consommation doit diminuer, mais il estime qu'un horaire obligatoire ne devrait pas être la première étape.
Sa motion visant à rendre l'horaire volontaire a cependant été rejetée.
De son côté, le conseiller du quartier 10, Andre Chabot, dit que Calgary accuse un retard sur d'autres municipalités albertaines, comme Airdrie, Okotoks ou Cochrane, qui imposent déjà de telles règles.
Réduire notre consommation nous évitera de construire de nouvelles usines de traitement et permettra de réinvestir cet argent dans nos infrastructures défaillantes
La Ville privilégiera d'abord la sensibilisation, mais prévient que le non-respect répété pourrait entraîner des amendes allant jusqu'à 200 $.
Avec les informations de Brendan Coulter


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