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Life 01/07/2026 07:01
L’une des mesures mises en place pour encourager la natalité, le congé de naissance, entre en vigueur. Pour ce couple qui vient d’accueillir son cadet, il change beaucoup de choses, mais présente certaines limites.

AJ_Watt / Getty Images
Pour leur deuxième enfant, le congé de naissance va tout changer (photo d’illustration)
« J’ai l’impression qu’on n’est pas du tout dans la même expérience. » Ludivine* et Olivier* ont accueilli début mai leur deuxième enfant et, avec le congé de naissance qui entre en vigueur ce mercredi 1er juillet, l’accueil du nourrisson au sein du foyer n’a rien à voir avec celle de son frère aîné. « Ça se passe 1 000 fois mieux, je ne me sens pas seule cette fois », témoigne la jeune mère auprès du HuffPost.
Et pour cause : pour la naissance d’Achille*, Olivier avait bénéficié de seulement 11 jours de congé paternité. Pour celle d’Ulysse*, en cumulant 25 jours de congé paternité, un mois de congés payés et les deux mois du tout nouveau congé de naissance, il reprendra le chemin du travail à la rentrée seulement. « Le premier mois passe très vite… Si j’avais dû retourner au taf début juin, ça aurait été très difficile ! », commente-t-il. « Le deuxième enfant est accueilli dans des conditions excellentes. »
Très concrètement, la présence prolongée du père permet au couple de mieux répartir les tâches dans la période particulièrement cruciale du post-partum. « Le fait que l’autre soit là, c’est beaucoup plus de collaboration sur tout ! Ça paraît évident, on devrait avoir accès à ça depuis des années… », commente Ludivine qui, à 37 ans, vit cette deuxième maternité beaucoup plus sereinement.
« Baisse de la dépression post-partum »
« Moi qui cuisine déjà assez peu, là je ne fais vraiment plus du tout à bouffer ! », s’esclaffe-t-elle. Olivier s’occupe ainsi en priorité de la logistique du foyer et du fils aîné, tandis que les journées de Ludivine sont davantage rythmées par les besoins du nourrisson – une répartition surtout liée à l’allaitement. « Ça aurait été bien plus difficile s’il n’y avait pas eu le congé de naissance », souligne le père d’Ulysse.
« Les conseils qu’on donnait aux mères jusqu’à présent sur le “mois d’or post-partum” [censé permettre de récupérer physiquement après l’accouchement] étaient logiques mais pas du tout applicables », souligne notamment Ludivine. « Je pense qu’il va y avoir une baisse de la dépression post-partum avec cette mesure car cela permet vraiment de faire un travail d’équipe. »
À condition que le père – où l’autre mère dans le cas d’un couple lesbien – s’implique réellement durant le congé de naissance. « J’espère et je pense que cela va créer un mouvement de prise de conscience de la part de l’autre parent », pointe la psychologue. « C’est l’occasion mettre en place une vraie équité du point de vue de la parentalité, que les deux soient impliqués de la même façon. » Avec, possiblement, des effets de long terme.
Écueils
Malgré ce bilan très positif, le couple liste plusieurs limites du congé de naissance, qui permet à chaque membre du couple de s’absenter du travail durant deux mois dans les neuf mois suivant l’arrivée de leur enfant. Premier grief : l’indemnisation, fixée à 70 % du salaire le premier mois, 60 % le second.
« Sans geste de mon entreprise, qui a choisi de compenser la différence pour maintenir mon salaire, nous n’aurions pas pu nous le permettre financièrement », pointe Olivier, qui souligne que le couple a acheté un appartement tout près de Paris il y a quelques mois seulement.
Un autre écueil concerne les professions libérales, commerçants et entrepreneurs, qui perçoivent une indemnité forfaitaire durant le congé de naissance. « Je vais certainement toucher un tiers de mon salaire habituel », souligne celle qui exerce principalement en libéral.
Enfin, le congé de naissance a aussi des conséquences plus prosaïques – et qui n’ont rien à voir avec la loi. « Parfois, Olivier sort prendre l’air avec le plus grand et ça fait du bien à tout le monde ! C’est très inhabituel d’être tout le temps collés », témoigne Ludivine. « On doit apprendre à vivre ensemble 24 heures sur 24 sur une longue période. Mais ça reste évidemment génial. »
*Les prénoms ont été modifiés.


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