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«Ça ne me choque pas que Patrick Bruel soit sur scène», déclare la cinéaste Agnès Jaoui

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 de nouvelles plaintes déposées contre le chanteur

La réalisatrice de L’Objet du délit, une comédie sur l’ère post-MeToo actuellement en salle, désapprouve les appels au boycott visant le chanteur accusé d’agressions sexuelles.

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Ni pro-#MeToo, ni anti. Dans L’Objet du délit, actuellement en salle, Agnès Jaoui met en scène une troupe d’opéra percutée par une accusation d’agression sexuelle. Cette comédie présentée à Cannes, hors compétition, épingle avec humour les travers de chaque camp. Avec ce même sens affiché de la nuance, la réalisatrice ne souhaite pas voir une «censure» viser Patrick Bruel, qui fait l’objet de plusieurs plaintes pour violences sexuelles.

«Ça ne me choque pas qu’il soit sur scène et que des gens aient le droit d’aller le voir. On n’a pas à les en empêcher, c’est à eux de se déterminer», déclare au Parisien  l’épouse du regretté Jean-Pierre Bacri, alors que les appels à l’annulation des concerts de Bruel se multiplient. Les maires de Paris, Marseille et Brest ont invité le chanteur à renoncer de son propre chef à se produire dans leurs villes. Mardi, un festival suisse a annoncé reporter sa venue sine die .

À lire aussi Notre critique de L’Objet du délit : Agnès Jaoui nous offre l’enfer du décor

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«Après une accusation, tout le monde a peur»

Sans se concentrer sur le cas de Patrick Bruel, qui fait l’objet de quatre plaintes en France, Agnès Jaoui exprime son inquiétude face aux jugements hâtifs : «Je ne suis absolument pas pour la censure. Je suis contre cette folie purificatrice. Je pense que personne n’est pur. Dans mon métier, j’ai vu des gens empêchés de travailler juste parce qu’il y avait une dénonciation sur un réseau, sans même qu’il y ait un dépôt de plainte. Je trouve ça très dangereux».

Selon la cinéaste, les cas de professionnels empêchés de travailler sur la foi de simples dénonciations seraient plus nombreux «qu’on ne le croit». «Une fois qu’il y a une accusation, tout le monde a peur, les financeurs ne veulent pas faire de vague», résume Agnès Jaoui.

Comédie grinçante

Pour autant, la cinéaste «constate que rien n’est jamais acquis aux femmes» et pointe du doigt l’émergence du «masculinisme» ou «ce qui se passe aux États-Unis». En référence, probablement, à l’annulation de la garantie fédérale du droit à l’avortement signée par la Cour suprême en 2022.

À lire aussi Agnès Jaoui : « Dans L’Objet du délit, tout le monde en prend pour son grade, y compris #MeToo »

Dans L’Objet du délit, comédie grinçante en salle ce mercredi, «tout le monde en prend pour son grade», confiait Agnès Jaoui au Figaro  lors du Festival de Cannes. « Je n’ai pas spécifiquement envie de me moquer des féministes, ni des hommes, ni de qui que ce soit. Il s’agit plutôt de remettre en question deux ou trois choses dans un grand vent d’humour », défend celle qui ne résiste pas à tourner en dérision le goût des autres.

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