NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
"On a vraiment eu beaucoup de chance car juste au coin de la rue, ils sont en train de chercher des gens dans les décombres. C'est un désastre", confie Karo Palacios, professeure de chant jointe par téléphone et vivant dans le centre de Pereira (800 000 habitants), capitale du département de Risaralda et porte d'entrée de la très touristique région du café, dans l'ouest de la Colombie. C'est l'une des grandes villes les plus touchées par le violent tremblement de terre de 7,4 sur l'échelle de Richter qui a fait, lundi 10 août, au moins 132 morts et 570 blessés selon un bilan provisoire.
Dans la journée du 10 août, les nouvelles de la zone concernée s'échangeaient au compte-goutte entre les Colombiens, histoire d'économiser les batteries de téléphone de chacun, sachant que le réseau y était très instable et que dans certaines villes ou quartiers, l'eau, le gaz et l'électricité ont été coupés. Chez Karo Palacios, à 7 h 34 du matin et à 75 km à vol d'oiseau de l'épicentre du séisme, quand le sol a tremblé, tout le monde dormait : "On s'est tous levés tellement c'était fort et on est sortis dans la rue. À côté, à la boulangerie, absolument tout était en miettes, la grosse friteuse remplie d'huile bouillante pour les beignets s'est renversée, heureusement personne n'a été brûlé. C'était la panique".
"L'angoisse est énorme"
Un peu plus loin, à Dosquebradas, en banlieue de Pereira, Jhon James Gutierrez Ocampo, 31 ans, a vu chez lui "voler les livres et les tableaux". À quelques dizaines de mètres de sa maison, un immeuble s'est effondré et le corps d'une femme décédée a été dégagé lundi en début d'après-midi. "Le tremblement de terre a duré une minute qui a semblé une éternité", poursuit ce cinéaste. "L'angoisse est énorme, nous avons très peu d'informations. Nous n'avons pas d'électricité, le gaz vient tout juste de revenir. Nous avons appris par la radio qu'il y a un couvre-feu et que les véhicules n'ont pas le droit de circuler", rapportait-il lundi en fin de journée.
Qui est le nouveau président de la Colombie ?L'épicentre de ce séisme (le plus intense des dix dernières années en Colombie) se trouve à San José del Palmar, à la limite du département du Chocó, un des plus pauvres de la Colombie, et de celui du Risaralda. Le maire de cette petite ville de 5000 habitants a lancé un appel à l'aide en fin de matinée à la radio, réclamant des secours car des éboulements ont bloqué les routes d'accès. "Des maisons se sont effondrées, beaucoup de gens sont sans abri, il n'y a pas d'électricité ni de ravitaillement possible mais il n'y a pas de morts", avait-il alors rassuré, s'inquiétant cependant pour les zones rurales alentours dont il n'avait aucune nouvelle. À Roldanillo, petite municipalité située à 40 km de là, des photos et des vidéos postées sur les réseaux sociaux montrent l'ampleur des dégâts : la rue des Poètes, par exemple, une voie piétonne jusque-là pittoresque et vivante avec ses jolis cafés, n'est plus que décombres; il n'y a plus aucune maison sur pied.
Sept aéroports fermés
La secousse a eu lieu en pleine plaque Nazca, à 107 km de profondeur; ce qui expliquerait que le séisme ait été ressenti dans presque toute la Colombie (à Bogota et à Medellin et même sur la côte caraïbe) et jusqu'au Panama au nord ou en Équateur au sud. Au moins cinq grosses villes de cinq départements ont été gravement affectées. À Manizales, capitale du Caldas et autre porte de la région du café, une des tours de l'emblématique cathédrale s'est effondrée. Et les routes d'accès au grand port de Buenaventura sur le littoral pacifique étaient lundi complètement coupées. Sept aéroports ont été fermés.
À Cali, capitale du département du Valle del Cauca de 2,5 millions d'habitants située à 240 km de San José de Palmar, les dégâts sont particulièrement impressionnants. Quatre étages d'une aile de l'hôpital universitaire del Valle, une bâtisse de quatre-vingts ans, le plus grand hôpital public de la région, se sont effondrés. "Quelque 30 % de l'infrastructure a tenu, le reste est détérioré. Des 600 lits, il ne nous en reste que 250 viables. Nous avons pu évacuer 90 % des patients dans le jardin et mettre à l'abri les autres", déplore Irne Torres Castro, le directeur, joint par téléphone. En fin d'après-midi lundi, le bilan était d'un mort et cinq disparus parmi les patients et de trois agents hospitaliers grièvement blessés. Sept personnes ont pu être dégagées vivantes des décombres, s'est félicité le directeur.
Un couvre-feu a été décrété dans la troisième ville de Colombie lundi soir. Les universités y sont fermées et le très célèbre festival Petronio Alvarez de musique du Pacifique qui devait commencer mercredi 12 août a été suspendu.
Enfin, à Quibdo, capitale du département du Chocó, où le nouveau président d'extrême droite Abelardo de la Esprellia, en poste depuis à peine trois jours, s'était déplacé dans l'après-midi pour assurer aux habitants qu'il avait assigné "des ressources et un budget" aux secours, l'électricité n'était pas revenue lundi soir, et les secouristes continuaient de travailler dans le noir. Maruja Uribe, 58 ans, employée à l'Institut de recherche environnemental de Quibdo a confié par téléphone : "Ça a été la minute la plus longue de ma vie. Quand j'ai senti ce mouvement terrifiant, la première chose à laquelle j'ai pensé, c'est au Venezuela, car ce n'est pas pareil de vivre un truc pareil et de voir les images à la télévision", évoquant le séisme qui a coûté plus de 6000 vies dans le pays voisin, il y a un peu plus d'un mois.
Séismes au Venezuela - Le bilan du double séisme de la fin juin atteint désormais les 6.301 décès au VenezuelaEn Colombie, selon un bilan très provisoire donné lundi par les autorités, en plus des morts et des blessés, il y aurait 61 immeubles effondrés, 1571 logements détériorés, 37 logements complètement détruits. Partout où les édifices se sont écroulés, les habitants, les bénévoles, les pompiers et les secouristes cherchent dans les décombres. La course contre la montre pour retrouver des survivants a commencé. Le gouvernement a décrété l'état de catastrophe nationale.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


4 week_ago
16



























.jpg)






French (CA)