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Le parquet a requis trois ans d’emprisonnement contre Julie L., surveillante pénitentiaire poursuivie pour corruption passive et participation à une association de malfaiteurs.
Passer la publicité Passer la publicitéTrois ans de prison ont été requis contre Julie L., une surveillante pénitentiaire du centre d’Aix-Luynes jugée ce vendredi par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence pour corruption passive et participation à une association de malfaiteurs. La surveillante pénitentiaire est accusée d’avoir participé au trafic de stupéfiants au sein du centre d’Aix-Luynes, l’un des principaux centres pénitentiaires des Bouches-du-Rhône. Devant une salle pleine à craquer, la jeune femme âgée de 24 ans comparaissait aux côtés de cinq autres codétenus, dont quatre avaient été, comme elle, placés en détention provisoire dans l’attente de ce procès.
Au total, cinq personnes travaillant à la prison d’Aix-Luynes et un détenu de ce centre pénitentiaire étaient jugés ce vendredi pour avoir introduit en détention des téléphones, des stupéfiants et des flacons de parfum, entre janvier et novembre 2025. Trois de ces prévenus travaillaient dans la prison pour le compte d’une société leader dans les services en sites sensibles, et un comme formateur des auxiliaires. Julie L, de son côté, vivait sa première affectation à sa sortie d’école en tant que surveillante pénitentiaire.
L’enquête a démarré par un signalement anonyme relayé par les renseignements pénitentiaires. Devant les enquêteurs, la jeune surveillante pénitentiaire a expliqué avoir nourri une relation amoureuse de novembre 2024 à janvier 2025 avec l’un de ces salariés dans cette société leader dans les services en sites sensibles, Mohamed S. Dans son pull gris rayé, Julie B. raconte avoir remis du parfum en le cachant dans son sac, à la demande de son petit ami de l’époque. «Je l’ai fait parce que je l’aimais, lance-t-elle. C’était pour l’aider. Il m’a demandé un service que j’ai accepté.» Les salariés de cette société sur le banc des prévenus sont en effet tous accusés d’avoir introduit des produits interdits en détention à la demande de détenus.
Jusqu’à quatre ans de prison requis
Après avoir confié avoir fait l’objet de harcèlement de la part de ses collègues, Julie L. a reconnu également avoir récupéré de la résine de cannabis sur un parking à Marignane, près de Marseille. La drogue a été récupérée la demande d’un détenu condamné pour meurtre, Sid Ahmed B, à qui elle a remis le cannabis directement dans la prison où elle travaillait. «J’avais beaucoup de soucis financiers et j’en ai parlé aux mauvaises personnes», confie la jeune femme à la barre derrière d’épaisses lunettes et de longs cheveux châtains. «C’était 1000 euros contre le shit.»
Au cours d’un réquisitoire ponctué d’échanges tendus avec la défense, le procureur de la République Emmanuel Merlin a regretté l’attitude de Julie L., celle qui avait «choisi de passer du côté obscur de la force» et «du côté des voyous» alors qu’elle «représente la République.» Des peines allant jusqu’à quatre ans de prison ont été requises pour les autres prévenus que le procureur a qualifiés de «ripoux.» Lors de son réquisitoire, le procureur de la République a annoncé qu’une dizaine de surveillants pénitentiaires rien qu’à Aix-Luynes était en 2025 poursuivis par la justice pour des faits de corruption. Pour rappel, le centre pénitentiaire d’Aix-Luynes est le deuxième de France par sa taille. Les prévenus encourent jusqu’à dix ans de prison.


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