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Par Elisabeth Pierson, Envoyée spéciale à Jytomyr (Ukraine)
Publié le 24/08/2026 à 13h14
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REPORTAGE - Les immenses fermes ukrainiennes commencent à se conformer aux standards communautaires, anticipant une adhésion prochaine du pays à l’UE. Mais intégrer la puissance agricole ukrainienne au marché unique s’annonce comme un casse-tête pour Bruxelles et les États membres. Au risque de remettre en cause toute la politique agricole commune.
Les feuilles de betteraves s’étendent en rangées jusqu’à l’horizon. Sous la terre noire de la plaine de Jytomyr, au centre de l’Ukraine, germe la promesse de 30 000 tonnes de sucre à l’arrière-saison. « On a commencé à exporter notre sucre vers l’Europe en 2022. Une petite part, pour le moment. On pourrait faire bien plus. Mais vos quotas sont très stricts ! », souligne Ihor Shylyuk au volant de son 4 × 4. Le directeur de l’agro-holding Cygnet, 65 millions de dollars de chiffre d’affaires, montre au loin les hautes cheminées de la sucrerie. À côté, six silos massifs, prêts à recevoir la récolte de maïs, de blé, de soja et de tournesol. Si l’Ukraine rejoignait l’espace européen, elle représenterait à elle seule 20 % la production céréalière du Vieux Continent.
« On sait que l’on effraie vos agriculteurs, concède le gérant. Mais à mon avis, l’UE pourrait substituer le sucre ukrainien au brésilien. Vous en importez près de 1 million avec le Mercosur. Et vous y gagneriez, car le nôtre…


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