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Publié le 14/10/2026 22:13
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Article rédigé par France 2 - A. Miguet, H. Franchineau, L. Chaussoy, K. Le Bouquin, C. Duval, M. Benoliel - Édité par l'agence 6Medias
France Télévisions
En Turquie, la police a pris le contrôle de la principale chaîne de télévision d’opposition, HALK TV, mercredi 14 octobre. Le pouvoir de Recep Tayyip Erdoğan s’en prend aussi aux homosexuels et aux personnes transgenres : descentes dans les bars, associations perquisitionnées, site d’information bloqué… France Télévisions a rencontré ceux qui vivent dans la peur.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Ils sont peu nombreux à oser prendre la parole. Ali, dont le nom a été modifié pour préserver son anonymat, a été licencié de son poste dans une université à cause, dit-il, de son homosexualité. Aujourd'hui, il vit la peur au ventre : "Maintenant, on est marginalisés. On s'acharne sur notre communauté. Avant, on n'avait pas peur. Il y avait des endroits où on pouvait sortir et s'amuser. On se sentait libre."
Manifestations arc-en-ciel réprimées, raids de police dans des boîtes de nuit LGBT, arrestations par centaines… Ces dernières semaines, les coups de filet se multiplient et l'inquiétude grandit, selon Oğulcan Yediveren, activiste : "C'est la première fois que nous vivons une chose pareille. En Turquie, pourtant, être LGBT n'est pas un crime, et il n'y avait jamais eu de telle descente de police jusqu'à présent."
Ces discriminations et répressions sont voulues par le président Erdoğan dans le cadre de sa campagne intitulée "Ma famille est en sécurité". "Une famille est composée d'un homme et d'une femme. La Turquie continuera de prendre des initiatives pour protéger la famille contre les lobbies", avait-il assené le 22 septembre dernier. Pour le pouvoir islamo-conservateur, l'homosexualité est aujourd'hui considérée comme une perversion et va à l'encontre de sa politique familiale pour relancer les mariages et la natalité en berne.
Résultat : un climat d'homophobie se répand. Des millions de comptes de réseaux sociaux et le plus grand média digital d'informations de Turquie sont censurés. "Regardez, notre site est bloqué depuis le 30 septembre", se désole Buse Söğütlü, journaliste pour T24. Au siège de T24, à Istanbul, une quarantaine d'employés se retrouvent au chômage : "On nous reproche de faire de la propagande LGBT, mais ce que nous faisons, c'est juste du journalisme."
L'Union européenne se dit préoccupée par les récentes opérations de police, et de nombreuses ONG demandent la libération des militants et personnes LGBT récemment interpellés.
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