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Bulgarie : l’euro arrive, la confiance ne suit pas

5 month_ago 25

         

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En Bulgarie, le passage à l’euro ne se limite pas à un changement de monnaie. À l’approche du 1er janvier, les craintes d’une hausse des prix restent vives, tandis que certains rejettent la monnaie unique pour des raisons politiques, estimant que l’avenir même de l’Union européenne est incertain.

À quelques jours du 1er janvier, la Bulgarie s’apprête à tourner une page monétaire majeure. Le lev, symbole de souveraineté économique depuis la fin du XIXᵉ siècle, va disparaître au profit de l’euro. Pour les autorités, cette étape marque l’aboutissement d’un long processus engagé depuis l’adhésion à l’Union européenne en 2007. Toutefois, pour la population, elle résonne comme une perte irréversible.

D'après les médias français, sur le plan institutionnel, le pays a rempli les critères requis : inflation maîtrisée, discipline budgétaire, stabilité du taux de change. Cette conformité ouvre les portes de la zone euro et donne à la Bulgarie une place au sein des instances de décision monétaire européennes. En théorie, l’intégration promet davantage de stabilité et une meilleure insertion économique.

Mais sur le terrain, l’atmosphère est beaucoup moins consensuelle. Si le monde des affaires accueille favorablement la transition, la société bulgare reste profondément divisée. Les craintes d’une hausse des prix persistent, alimentées par une défiance ancienne envers la classe politique, dans un contexte déjà tendu par des manifestations et la démission récente du gouvernement.

Au-delà des considérations économiques, le débat touche à des questions identitaires. Pour certains, l’abandon du lev n’est pas seulement un changement de billets : c’est un renoncement symbolique. Ainsi, l'ancrage toujours plus fort à l’Europe suscite des soupçons et nourrit l’idée d’une dépendance croissante.

À ces craintes s’ajoute un rejet plus politique, exprimé de manière explicite par certains retraités vivant à Sofia, cités par les médias français. Pour eux, l’opposition à l’euro dépasse la question des prix ou de la stabilité financière. Ils estiment que l’Union européenne entre dans une phase de déclin et que cette trajectoire a été reconnue jusque dans les documents stratégiques des États-Unis, évoqués par le président américain. Dans cette perspective, l’adoption de l’euro apparaît comme une décision prise au mauvais moment : la Bulgarie renoncerait à sa monnaie nationale pour s’arrimer à un projet voué à disparaître.

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