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Budget fédéral : l’Arizona proche d’un accord… ou de la crise

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La cadence augmente nettement. Le comité ministériel restreint (kern) se réunira désormais quotidiennement, de 14 heures à minuit, week-end compris. Objectif : arracher un accord au début de la semaine prochaine. Quelle sera l'issue des négociations budgétaires ? Dans les coulisses de l'Arizona, deux scénarios se dessinent, l'un optimiste, l'autre nettement plus sombre.

Dans la première hypothèse, un compromis est conclu à temps. Mardi prochain, Bart De Wever peut se présenter à la Chambre pour prononcer sa déclaration de politique générale et exposer le deal ouvrant la voie à un effort de 10 milliards d'euros à l'horizon 2029. La majorité est alors sauvée et le Premier ministre, dont l'autorité a été écornée par les tractations, reprend la main.

Budget fédéral : "Les douzièmes provisoires, ce n'est pas la fin du monde", déclare Conner Rousseau

L'autre scénario est celui de l'impasse. Les réunions s'enchaînent mais les poids lourds de la coalition demeurent incapables de s'entendre. Le calendrier dérape et le budget 2027 ne peut être adopté dans les délais. L'État fédéral doit alors entamer l'année prochaine sous le régime des "douzièmes provisoires", qui limite les dépenses aux crédits mensuels calculés sur la base du budget précédent.

Pour Bart De Wever, ce serait une humiliation : l'assainissement des finances publiques constitue son combat principal au 16, rue de la Loi. Le Premier ministre avait prévenu qu'il ne pourrait se résoudre à un tel échec. Fidèle à cet avertissement, il pourrait remettre sa démission au Roi. Reste à savoir si le chef de l'État l'inviterait à poursuivre sa mission à la tête du gouvernement. Même dans ce cas de figure, la cohésion de la majorité serait sérieusement mise à l'épreuve.

La course contre la montre est lancée pour le gouvernement Arizona

Les dernières centaines de millions…

La séquence qui s'engage est donc cruciale. De quel côté tombera la pièce ? Selon nos sources, la conclusion d'un accord global demeure possible. Les représentants des cinq formations de la majorité — N-VA, MR, Les Engagés, Vooruit et CD&V — ont déjà validé de nombreuses mesures, tant en dépenses qu'en recettes. Pour boucler l'équation, il resterait environ 1,5 milliard d'euros à dégager.

Cette somme peut paraître modeste au regard de l'effort global annoncé. Mais, dans une négociation budgétaire, les dernières centaines de millions sont souvent les plus difficiles à dénicher. À ce stade, les vice-Premiers ministres ont en effet déjà consenti des concessions susceptibles de mécontenter leurs propres troupes. De quoi durcir les discussions au moment même où un compromis semble à portée de main.

L'enjeu ne se résume toutefois pas aux chiffres. C'est l'équilibre politique du tableau budgétaire dans son ensemble qui sera scruté. Élaboré par le cabinet du Premier ministre, ce document ne compterait pas moins de 150 lignes, autant de mesures à combiner pour parvenir au résultat recherché.

Parmi les pistes évoquées figure une contribution accrue des "épaules les plus larges". Après le doublement de la taxe sur les comptes-titres et la création d'une taxe sur les plus-values, il serait notamment question de toucher aux actions nominatives cotées en Bourse. Une piste sensible pour le MR, traditionnellement réticent à toute hausse de la pression fiscale.

Bart De Wever, le funambule du 16, rue de la Loi

Vooruit, le nouvel arbitre

En contrepartie, des économies substantielles dans la Sécurité sociale sont envisagées, notamment à travers le retour à l'emploi des malades de longue durée. Refroidi par l'ampleur de l'austérité envisagée, Vooruit a ralenti les discussions et mis sur la table une série d'idées supplémentaires davantage conformes à son identité sociale-démocrate.

Parmi les propositions qui ont heurté les socialistes flamands : la limitation à deux ans des indemnités versées aux personnes en arrêt de travail pour burn-out. Une mesure difficile à avaler pour Vooruit, qui doit concilier sa participation à un gouvernement penchant à droite avec la défense de ses priorités sociales.

La dynamique politique a ainsi évolué. Au début des discussions, c'était le MR qui avait concentré l'attention en excluant toute augmentation de la TVA. Désormais, Vooruit apparaît comme la formation qu'il faudra convaincre. Conner Rousseau ne se prive d'ailleurs pas de faire monter les enchères. Mercredi, sur le plateau de Villa Politica, l'émission politique de la VRT, le président de Vooruit a assuré ne pas redouter un échec et le recours aux douzièmes provisoires. "Ce n'est pas la fin du monde", a-t-il laconiquement affirmé. Cette déclaration sonne comme un avertissement adressé au Premier ministre : Conner Rousseau n'entend pas accepter n'importe quel compromis…

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