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À l’aube du dépôt du budget provincial 2026, les entreprises ontariennes retiennent leur souffle. En pleine guerre commerciale avec les États-Unis, le milieu des affaires réclame des investissements et des programmes pour améliorer la compétitivité des entreprises et diversifier ses partenaires commerciaux.
Les entreprises sont en mode de conservation, de réaction, face aux tarifs dans la guerre commerciale avec les États-Unis, lance d’entrée de jeu le vice-président aux politiques de la Chambre de commerce de l’Ontario, Vincent Caron.

Le vice-président aux politiques de la Chambre de commerce de l’Ontario, Vincent Caron, souhaite que le système de taxation soit simplifié et les crédits d’impôt plus accessibles aux entreprises.
Photo : Radio-Canada
Dans son rapport publié en février, l’organisation indique que la province a évité les scénarios les plus catastrophiques initialement prévus. Or, la confiance des entreprises reste faible.
D’ailleurs, près des deux tiers (65 %) des entreprises s’attendent à continuer de subir les contrecoups des tarifs, des politiques commerciales et de l’incertitude économique plus générale.
Ce qu’on veut nous, c’est de passer d’un mode défensif à un mode offensif.
Pour ce faire, le budget ontarien doit tout d’abord inclure des mesures pour améliorer la compétitivité des entreprises, estime M. Caron. Cela passe avant tout par le système de taxation.
Quand on regarde notre cadre fiscal, il est très complexe, il est très lourd, soutient-il. Nos entreprises en ce moment ont des difficultés à trouver les arguments pour grandir.
M. Caron veut voir une réforme en profondeur de la fiscalité des entreprises et rendre les crédits d’impôt plus accessibles. Des changements qui se résument selon lui à moins de bureaucratie.
Des mesures temporaires
Le président de l’Association des fabricants de pièces d’automobile du Canada, Flavio Volpe, ne croit pas qu’une réforme de ce genre soit nécessaire.
Les problèmes que l’on vit sont temporaires, même s’ils sont à moyen terme.
Selon lui, le gouvernement Ford devrait plutôt miser sur des mesures temporaires pour alléger à court terme le fardeau fiscal des entreprises dans le besoin.

Flavio Volpe est le président de l’Association des fabricants de pièces d’automobile du Canada. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Laura MacNaughton
Par exemple, reporter les impôts, renégocier les conditions des prêts déjà contractés [ou] apporter une aide spécifique en matière de liquidités aux entreprises exposées aux flux commerciaux, soutient-il.
Élargir les critères pour les prêts?
Dans son budget l’an dernier, le gouvernement Ford avait consacré un milliard de dollars pour des prêts destinés aux entreprises ontariennes touchées par les tarifs douaniers. Le fond semble cependant n’avoir été utilisé qu’une seule fois.
Le gouvernement a accordé en septembre un prêt de 100 millions de dollars par l’entremise de ce programme à Algoma Steel pour l’aider à poursuivre ses activités. L’aciérie a également reçu 400 millions de dollars en prêts du fédéral.
Malgré cette aide, la société basée à Sault-Sainte-Marie a annoncé quelques mois plus tard le licenciement de 1000 travailleurs. Une entente de principe avec le fédéral pour réembaucher la moitié des licenciés ne rassure pas pour autant les employés.

Selon l’entente de principe avec le fédéral, l’aciérie Algoma Steel s’engage à embaucher 500 des 1000 employés licenciés d’ici la fin de l’année. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo
Une porte-parole du ministre des Finances n’a pas répondu aux questions de Radio-Canada à savoir si une autre entreprise a bénéficié de cette aide.
Ça serait intéressant que le gouvernement puisse trouver des façons de diversifier le bassin des entreprises admissibles et des entreprises qui reçoivent des fonds via ces mécanismes-là, estime le professeur de stratégie à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, Yan Cimon.
Il explique que le gouvernement a choisi de privilégier les grandes entreprises, car il voulait maximiser le nombre d’emplois protégés, protéger aussi des industries qui sont stratégiques.
Mais il faut aussi trouver une manière de trouver un seuil pour aider des entreprises d’un peu moins grande envergure, mais qui peuvent avoir un impact structurant pour l’économie.
M. Cimon propose également des mesures comme des prêts pardonnables, c’est-à-dire un incitatif économique où le gouvernement investit dans certaines entreprises, mais, advenant certains critères de succès, il pourrait y avoir des remboursements moins importants.
L’objectif, dit-il, est que les entreprises deviennent plus résilientes, car il y aura de plus en plus de tempêtes comme celles qu’on connaît, peu importe qui sera le locataire de la Maison-Blanche.


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