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En pleine campagne électorale municipale, le Centre canadien de politiques alternatives a publié son budget alternatif pour la Ville de Winnipeg. Rédigé par 24 collaborateurs issus de 17 organisations, le document presse les candidats et candidates d'agir d'urgence contre la crise de l'itinérance et des surdoses.
Winnipeg a atteint un point de rupture, avertissent les auteurs dans ce volumineux rapport de 143 pages.
Malgré les centaines d'articles de presse soulignant l'ampleur et l'urgence de ces crises interdépendantes, l'ampleur de la réponse des pouvoirs publics reste insuffisante, écrivent-ils.
On doit investir dans l’aide sociale six fois plus qu’on ne le fait maintenant, tranche la directrice du bureau manitobain de l'organisme, Molly McCracken.
Constatant qu’une forte proportion des personnes sans-abri sont autochtones, le groupe suggère de consacrer au moins 1 % du budget municipal, soit environ 15 millions de dollars, au fonctionnement d'organismes menés par des Autochtones.
L’état de la canopée urbaine demeure l’un des rares secteurs où le centre note des progrès depuis 2022, avec un taux de remplacement qui s'approche d'un nouvel arbre pour chaque spécimen abattu.

Molly McCracken a présenté le budget alternatif de Winnipeg, jeudi.
Photo : Radio-Canada / Victor Lhoest
Hausser l'impôt foncier et réduire le budget policier
Pour financer ces priorités sociales, le Centre canadien de politiques alternatives propose une hausse de l’impôt foncier, tant pour les résidences que pour les entreprises, assortie d’une baisse de 10 % de l'enveloppe allouée au service de police.
Le groupe fait valoir diverses études indiquant que l'augmentation des dépenses policières a peu d'incidence sur la diminution de la criminalité, et maintient que la sécurité publique repose d'abord sur la lutte contre la pauvreté.
À l'instar de sa mouture de 2022, ce budget alternatif de 2026 cible de nouveau les taxes municipales et les fonds des services de l'ordre pour financer ses mesures phares.
On n’a pas augmenté les impôts fonciers pendant 14 ans, de 1998 à 2012, et après, on a eu de petites augmentations. Les nouveaux revenus sont allés à la police et à la réfection des routes, déplore Molly McCracken, qui soutient que Winnipeg devrait hausser son impôt foncier de 5 % par année.
Le conseiller municipal de Saint-Vital, Brian Mayes, assistait au dévoilement, bien qu’il ait déjà confirmé qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat. Au terme de 15 ans d'engagement public, il concède que, malgré la pertinence de l'exercice, la hausse des impôts fonciers reste impopulaire.
On ne veut jamais augmenter les impôts, mais il y a des opportunités de faire des impôts autrement, comme taxer les pollueurs. C’est le problème; tout le monde veut des nouveaux programmes, mais on doit trouver les financements, fait remarquer l'élu.

Louise May veut s'inspirer du budget alternatif de Winnipeg si elle est élue dans le quartier Saint-Norbert—Rivière-Seine.
Photo : Radio-Canada
Quelques candidats sur place
Peu d'aspirants aux postes électifs ont fait le déplacement. Parmi eux figuraient Umar Hayat, candidat à la mairie, ainsi que Louise May, en lice pour l'obtention du siège du quartier Saint-Norbert—Rivière-Seine. Celle-ci dit vouloir apprendre le plus possible au sujet du budget alternatif pour faire les choses différemment si elle est élue.
Mme May se dit favorable à une imposition foncière progressive afin d'assumer le coût des programmes sociaux ciblés : Je pense que tous les citoyens de Winnipeg sont concernés par les problèmes de drogues et de sans-abri.
Le maire sortant, Scott Gillingham, n’était pas présent et n’a pas donné suite à la demande de commentaires écrits par Radio-Canada.


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