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ENTRETIEN - Interprète du collègue gaffeur de l’héroïne, le comédien français est de plus en plus demandé à l’international.
Le week-end dernier, le comédien Bruno Gouery a fait des infidélités au plateau d’Emily à Paris et au tournage de la sixième et dernière saison de la comédie phare de Netflix. Le comédien de 51 ans, interprète de Luc - le collègue gaffeur de l’expatriée américaine- a mis le cap sur l’Italie et la côte adriatique, où se tenait l’équivalent transalpin de Séries Mania : l’Italian Global Series Festival. La manifestation, qui se déroule entre Rimini, la ville de naissance et de cœur de Federico Fellini, et sa voisine Ricionne, a décerné deux trophées à la série française L’affaire Laura Stern . Bruno Gouery a lui officié côté comédie. Son jury a couronné la série anglaise punk et féministe Riot Women, à découvrir le 25 juillet sur Teva. Celui que les téléspectateurs français ont découvert , au début des années 2010, dans la série de TF1 Doc Martin, où il donnait la réplique à Thierry Lhermitte, a pris le temps de revenir sur la trajectoire bouleversée prise par sa carrière.
TV MAGAZINE. Pourquoi avoir accepté l’invitation de l’IGS Festival et la présidence du jury de la meilleure comédie ?
Bruno Gouery. La chose qui m’a plu, c’est de venir en Italie. J’aime énormément le cinéma italien des années 60, 70 et même 80. Il m’a fait rêver. J’ai eu la chance de côtoyer pas mal d’acteurs transalpins et de donner la réplique à Riccardo Scamarcio (dans le biopic Modi signé Johnny Depp), Sabrina Impacciatore (The White Lotus ), Elio Germano (L’incroyable histoire de l’Île de la Rose). Je suis moi-même d’origine italienne. Cela m’a touché qu’on me fasse l’honneur de présider le jury de comédie. Grâce à cela, j’ai pu aller dans des univers, découvrir des acteurs auxquels je n’aurai pas forcément eu accès en tant que spectateur. On se conforme souvent à des choses qu’on aime, avec lesquelles on est familier.
Avant l’Italie, il y a la série Emily à Paris , qui vous a fait connaître du grand public international. Comment êtes-vous arrivé dans cette aventure ?
J’étais à un stade de ma carrière où j’avais besoin de travailler et je ne croulais pas sous les propositions. La perspective de travailler avec des Américains, et a fortiori Darren Star à qui l’on devait Sex And The City, était formidable. C’était se confronter à une autre industrie et camper un personnage de comédie, qui incarne le Français. Cela me plaisait évidemment. Je ne soupçonnais pas le phénomène que ça allait devenir. Au départ, c’était une autre chaîne que Netflix qui devait le diffuser !
Quel regard posez-vous sur le personnage de Luc ?
Au départ, c’était la créature de Darren et des scénaristes. Dans un second temps, j’ai pu mettre ma patte. Luc n’a pas de filtre. Tout ce qui arrive dans son cerveau est répercuté par sa bouche. Comme un enfant, il va dire les choses, créer des problèmes. En même temps, il est le vecteur de la culture française. C’est souvent lui qui fait découvrir à Emily notre mémoire collective : le cimetière du père Lachaise, le cinéma de Truffaut, les livres de Balzac, En dépit de son côté extravaguant et gaffeur, c’est un passeur d’histoires. C’est aussi un de ses rares personnages qui n’a pas d’évolution profonde. Ce sont aux autres de s’adapter à lui. Dans ma manière de jouer, je n’ai pas à réfléchir à ce qui lui est arrivé avant et ce qui va lui arriver après !
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Quelle est l’ambiance sur le plateau de cette sixième et dernière saison d’Emily à Paris ?
Absolument pas mélancolique. On jouerait avec le frein à main si nous regardions sans cesse en arrière. À vrai dire, j’ai joué toutes les saisons en pensant que ce serait la dernière, donc cela ne change rien pour moi. Ce que je peux vous dire c’est que notre responsable des costumes Marylin Fitoussi a amené Luc vers quelque chose de plus en plus dandy, avec des foulards, avec des gilets. J’adore !
Une autre production américaine, dans laquelle vous avez fait des vagues, est la seconde saison The White Lotus de HBO Max, qui se déroulait en Sicile.
Le directeur de casting m’avait vu dans Emily Paris, il avait apprécié ce que j’avais faitet l’a montré au showrunner Mike White, qui m’a choisi pour incarner le roublard Didier. Mike a une écriture satirique. La satire, c’est justement ce que j’aime dans l’humour. Molière en était un, tout comme nombre d’auteurs de la comédie italienne. Les satiristes regardent objectivement la nature humaine et la proposent au public sans travestissement, sans fard, de manière abrupte. Quand on montre la vérité, elle est souvent crue. Elle peut être cruelle, mais en tout cas elle touche les gens.
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Pas trop triste de ne pas participer à la saison 4 qui se tourne sur la Côte d’Azur et à Paris ?
Si, je suis triste (rires). J’aurais aimé être de cette saison, mais je suis tellement content de participer à Emily à Paris que je me considère plus que chanceux. Et puis, Mike change intégralement les personnages à chaque saison, à une ou deux exceptions !
Vous avez multiplié les apparitions dans les séries anglophones. Récemment dans Young Sherlock de Prime Vidéo. L’effet Emily in Paris ?
Emily in Paris m’a ouvert l’accès à des projets plus internationaux. La possibilité de travailler avec d’autres gens, d’autres techniciens, d’autres cultures. C’est extrêmement enrichissant. Emily in Paris m’a permis de découvrir la culture américaine. Je n’étais jamais allé aux États-Unis de ma vie, je n’avais jamais côtoyé les Américains. Que ce soit avec les Américains, avec les Anglais ou avec les Italiens, ce sont d’autres façons de voir, d’autres façons de travailler, d’autres approches. Et c’est même une autre façon de me voir moi ! Les Français ne vont pas me dire : « Tu ressembles à un Français ». Les Américains, si ! Qu’est-ce que ça veut dire pour eux ? Qu’est-ce que c’est finalement ? Je les interroge beaucoup. Et à travers cela, j’arrive finalement à mieux connaître mon pays !


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