Brian Jackson avance sous la coupole meringuée du Petit Palais, à Montreux. Il a 74 ans, en fait vingt de moins – son collier de bois, alourdi d’un éléphant, cliquette dans l’air tiède. Il s’apprête à parler à des artistes en résidence qui n’étaient pas même nés lorsqu’il enregistrait avec Gil Scott-Heron la bande originale d’une révolution tout sauf télévisée. Il est mentor de la Montreux Jazz Festival Residency – un événement d’histoires partagées et de corps face à face.
Une heure plus tôt, on lui posait des questions, avec l’appréhension de réveiller des fantômes. Vous ne connaissez peut-être pas ce nom. Vous connaissez ce son. Celui d’une flûte, d’un orgue Fender Rhodes, qui n’ont pas seulement amplifié les mots de son jumeau stellaire, Scott-Heron, mais ont ensuite servi de mine à ciel ouvert pour l’histoire du hip-hop. Brian a été samplé par Tupac, Kanye West, Kendrick Lamar, mille autres qui ont trituré ses petits grooves imperturbables.


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