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«Bras de fer» avec l’UE, fin des aides à l’Ukraine, défense de Bardella… Ce qu’il faut retenir de l’interview fleuve de Marine Le Pen au Financial Times

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La patronne du Rassemblement national, favorite des sondages, a mis en cause la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui n’a selon elle «plus la confiance de beaucoup de gouvernements».

Résolue à baisser la contribution de la France au budget de l'UE, Marine Le Pen dit s'attendre à «un bras de fer» avec la Commission européenne et les dirigeants des autres États membres si elle est élue, a-t-elle dit mercredi dans un entretien au Financial Times.

La patronne du Rassemblement national, favorite des sondages, prépare le terrain, alors qu’elle se rend ce mercredi soir à Bruxelles pour une réunion avec ses alliés européens du groupe des Patriotes. Un rendez-vous habituel avant chaque sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'UE - jeudi et vendredi dans la capitale belge.

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La cheffe de file nationaliste entend pour l'occasion marquer son opposition au budget pluriannuel de l'UE, que la Commission entend faire adopter avant la fin de l'année, alors que des élections nationales sont attendues ces prochains mois en Espagne, en France, en Italie et en Pologne. Un calendrier «révélateur du mépris à l'égard des processus démocratiques en Europe», juge Marine Le Pen, qui cible en particulier Ursula von der Leyen, dont elle «considère qu'elle n'a plus la confiance au sein de l'Union Européenne de beaucoup de gouvernements». Manière d'établir un rapport de force avec une adversaire qu'elle souhaite, sinon révoquer, du moins contraindre à accepter ses conditions. À commencer par un fort rabais de la contribution française au budget de l'UE, dont la candidate à l'Élysée a fait l'un des piliers de son plan d'économies présenté la semaine dernière.

«La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit»

Mais ce n'est pas seulement de l'accord de la Commission européenne dont Marine Le Pen aura besoin, ce sera également celui des autres États membres, le cadre financier pluriannuel étant adopté à l'unanimité des 27 États membres. «Quand nous disons (que) nous allons baisser la contribution nette à l'Union européenne, nous savons qu'il y a un débat, et un débat ferme, et même un bras de fer à mener. Avec l'Union Européenne, nous ne disons pas: “On claque des doigts et hop, on décide que…”. Nous en sommes absolument conscients, mais il n'en demeure pas moins que nous avons cette volonté et que nous avons la conviction que nous allons y arriver», déclare-t-elle au Financial Times - qui a transmis à l'AFP certaines citations complètes, non publiées dans ses articles.

Pour obtenir gain de cause, la favorite des sondages a déjà laissé entendre récemment qu'elle envisageait concrètement de couper les versements à l'UE, en soulignant que «la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit». Marine Le Pen a toutefois certifié qu’elle ne voulait «pas du tout» que la France sorte de l’Union européenne. «Je suis absolument convaincue de notre capacité à raisonner la Commission européenne, avec l’aide de toute une série d’autres gouvernements.»

«J’arrêterai les financements à l’Ukraine parce qu’on ne peut plus»

La figure du Rassemblement national a aussi été questionnée sur l’aide européenne à l’Ukraine, qui se poursuit quatre ans après le début de l’invasion russe. «Moi, j’ai dit très clairement que dans les six mois de mon arrivée au pouvoir, j’arrêterai les financements à l’Ukraine parce qu’on ne peut plus. Il faut être honnête avec M. Zelensky . Il faut le prévenir en fait, il faut lui dire “Écoutez voilà nous, on ne peut plus, on n’y arrive plus”. Là on a déjà fait 90 milliards de prêts, 90 milliards, c’est 18 milliards pour la France. 18 milliards c’est absolument considérable.»

Elle en a profité pour faire le parallèle avec Donald Trump, qui cherche à réduire les financements américains à destination de Kiev. «Ce n’est pas facile, mais j’essaye de me mettre dans la peau de Donald Trump. C’est quand même un personnage un peu déroutant pour un Français. Vous voyez, c’était déjà un peu déroutant parfois pour un Américain, pour un Français, encore plus! Mais il n’en demeure pas moins que je peux comprendre, que les Américains se disent : “L’Union européenne nous donne des leçons de morale et dit qu’il faut mettre des sanctions sur l’énergie, alors qu’en réalité, eux-mêmes n’appliquent pas les sanctions qu’elles ont réclamées”», tacle-t-elle, en référence à l’importation de gaz issu de Russie.

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Interrogée sur la question de sa possible élection, Marine Le Pen s’est dite «convaincue qu’il y a un véritable souhait de fermer une parenthèse, qui est une parenthèse des quarante dernières années, qui ont vu en réalité, peu ou prou, les mêmes politiques être appliquées, les mêmes désirs des Français être niés, les mêmes aspirations être rendues inaudibles.» La chef de file du RN préférerait toutefois être élue au second tour face à un autre candidat que Jean-Luc Mélenchon, alors que les sondages la donnent gagnante haut la main dans cette configuration. «Être élu face à Jean-Luc Mélenchon, c’est être élu, il n’y a pas de discussion. Vous êtes légitime, vous avez été élu mais il y a incontestablement une part du vote qui se porterait sur nous, qui serait un vote contre. Contre Jean-Luc Mélenchon. Et moi je veux un vote pour. J’ai besoin de ce vote pour, parce que les changements que je veux impulser dans le pays nécessitent d’être véritablement poussés, portés par une majorité du peuple français», a-t-elle martelé auprès du Financial Times.

Enfin, Marine Le Pen a martelé que Jordan Bardella sera son premier ministre. «Jordan est innocent de ce dont on l’accuse», estime-t-elle, alors que le président du Rassemblement national a fait l’objet de plusieurs articles de Mediapart l’accusant d’avoir tenu des propos antisémites dans sa jeunesse. «Une capture d’écran, d’une conversation, c’est pas une preuve.»

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