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Brandon toujours en attente d’un centre de dégrisement

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Alors qu'une nouvelle loi provinciale permet de détenir une personne en état d’ébriété durant 72 heures, la ville de Brandon n'a toujours pas les installations nécessaires. Depuis 2021, la ville du sud-ouest manitobain cherche à développer un centre de dégrisement ouvert en tout temps.

Le gouvernement provincial a promis 2 millions de dollars pour aider à la création du centre qui vise à offrir une alternative à la police qui se trouve forcée de placer les personnes ivres ou sous l'influence de drogues dans des cellules de détention.

Quatre ans après cette promesse, le centre se fait toujours attendre. Les infrastructures policières actuelles ne permettent pas une détention de 72 heures, selon le chef de police de Brandon, Tyler Bates.

Il y a clairement un besoin. Nous nous occupons tous les jours de personnes qui luttent contre la toxicomanie, déclare-t-il.

Le nombre de personnes en état d'ébriété détenues a doublé en une année à Brandon depuis l’ajout d'ambulanciers paramédicaux en l’été 2025. Ce nombre s’élevait à 255 entre juillet et novembre 2024, et à 529 pour la même période en 2025.

Le chef de police déplore le temps de détention trop court dans leurs cellules : chaque fois que vous libérez une personne avant qu’elle ne soit sobre, elle court un risque accru d’être victime d’abus.

Espaces recherchés

La police et le système de justice sont d’accord pour dire que les cellules ne sont pas appropriées, selon la coordonnatrice du logement social et du bien-être de Brandon, Shannon Saltarelli. Il manque toutefois d'autres possibilités pour la ville de 54 000 habitants.

Shannon Saltarelli assise à un bureau sourit.

Le projet de centre de dégrisement manque de financement selon la coordonnatrice du logement social et du bien-être de Brandon, Shannon Saltarelli.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

Un centre de dégrisement offre un espace plus sûr pour dégriser qu’une cellule policière, explique Shannon Saltarelli. Elle estime que l’absence de centre, quatre ans après son annonce, est liée à un manque de financement.

Le projet est encore au stade de la conception architecturale et coûterait 6 millions de dollars, selon la coordinatrice.

La ville de Brandon compte construire le centre en phases, commençant par les besoins urgents en attendant d’obtenir le reste du financement.

Le maire Jeff Fawcett précise que le 2 millions de dollars provincial ne visait pas à financer l’entièreté du projet, mais plutôt à le démarrer.

Le nouveau centre sera situé proche du John Howard Society’s transitional housing sur la 16th Street North. L'organisme sera propriétaire des lieux, mais la gestion sera faite via une autre organisation.

La prochaine étape du développement est de trouver un organisme pour gérer les opérations, selon le maire.

Un pansement temporaire

Des activistes craignent quant à eux que la détention de 72 heures ne compromette la vision originale du centre de dégrisement.

Antoinette Gravel-Ouellette se tient debout à l'extérieur avec des documents dans les mains.

Antoinette Gravel-Ouellette estime que le nouveau centre doit se concentrer sur la compassion et non la criminalisation.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

Élargir le pouvoir de détention sans mettre en place du soutien communautaire inquiète Antoinette Gravel-Ouellette, coordinatrice de Moms Stop the Harm.

Nous faisons un pas en arrière, sans aucun doute, puisque ça revient à criminaliser les personnes qui consomment des substances, affirme-t-elle.

La coordinatrice estime que la détention forcée sans options de traitements peut créer des traumatismes et croître les risques de surdose. Comment préparons-nous les gens à réussir à s'en sortir ? ,se questionne-t-elle.

De son côté, le chef de la police, Tyler Bates, pense qu’un centre de désintoxication fait partie de la solution pour briser le cycle des personnes de détention des personnes en état d’ébriété. Il faut toutefois aller plus loin que cette solution pansement, souligne-t-il.

Avec les informations de Chelsea Kemp

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