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Un beau documentaire fouillé et inédit retrace le destin d’une formation britannique au chanteur détonant.
Passer la publicité Passer la publicitéQu’est-ce qu’on a pu les aimer ! Au début des années 1980, et pour une poignée d’années, les singles de Culture Club faisaient le bonheur des amateurs de pop de toute obédience. Emmené par Boy George, le groupe londonien faisait frissonner les hit-parades du monde entier. Après l’Angleterre et le reste de l’Europe, la formation avait même réussi à faire succomber l’Amérique, une gageure pour un groupe aussi britannique dans l’âme et l’esprit.
Cela valait bien un documentaire. Celui-ci est précieux, fouillé et aussi divertissant qu’un de leurs 45 tours historiques. Cela avait commencé avec Do You Really Want to Hurt Me ? Une voix, un son, une mélodie et un style au carrefour de multiples influences : pop, new wave, reggae… C’était une époque où on écoutait la musique avant de la regarder. Avant même de parler du look extravagant et androgyne de Boy George, les chansons attiraient l’attention. Toute discothèque pop de l’époque se devait d’abriter un de leurs singles. Culture Club était né du désir d’un enfant du début des années 1960 issu de la classe ouvrière. Un gamin qui avait découvert qu’on pouvait être une rock star digne de ce nom en portant du maquillage depuis que David Bowie l’avait fait dans «Top of the Pops» en 1973. La différence, c’est que Boy George, né George O’Dowd, a fini par devenir plus célèbre que les autres, dont la photo n’apparaissait plus sur les pochettes de disques.
Haut en couleur
Pourtant, les trois autres membres de Culture Club étaient davantage que des accompagnateurs. Mais la presse et la télévision ont eu vite fait de traiter George comme un phénomène de foire : avec ses cheveux longs, sa bouche dessinée, et ses tenues extravagantes, il attirait l’attention de tout un tas de personnes pas forcément bienveillantes. Le voir aujourd’hui, à 65 ans, permet de constater que l’homme a toujours été extrêmement lucide. En voilà un qui avait compris la promotion et la célébrité un peu mieux que d’autres. Le contexte du début des années 1980 était favorable à l’émergence d’une personnalité aussi haute en couleur. La furie punk, puis la grisaille new wave, avait cédé la place au mouvement des «nouveaux romantiques», qui narguait la crise et les décisions du gouvernement Thatcher en s’affichant crânement.
La carrière de Culture Club n’a rien eu d’un long fleuve tranquille. Ce sont le bassiste, le guitariste et le batteur de la formation qui ne s’est jamais séparée qui en parlent le mieux. Tous trois ont assisté à la « peopolisation » de leur chanteur sans rien pouvoir arrêter. Dans une conférence de presse, on voit Boy George parler de « son » album au sujet de la dernière sortie. Le batteur rectifie d’un ton sec « notre » album. Pour ne rien arranger, ce dernier vivait une grande histoire d’amour avec le chanteur et leader. De quoi alimenter la jalousie des autres membres comme les spéculations des observateurs. C’est à deux qu’ils ont participé au single Do they Know It’s Christmas de Bob Geldof sans même alerter leurs camarades. Quant au concert du Live Aid, Boy George a commencé par décliner l’invitation avant de se raviser, provoquant l’ire d’un Geldof qui avait mieux à faire.
Mais le vrai drame fut l’addiction à l’héroïne du chanteur, qui ne fumait même pas la moindre cigarette quelques semaines auparavant. On se souvient des titres de la presse people anglaise de l’époque titrant sur la mort du chanteur, provoquant des torrents de larmes chez les nombreuses fans féminines. Par chance, l’homme est bien vivant, il a 65 ans et continue de porter le chapeau avec une grande élégance !


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