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Le pétrolier Deliver, intercepté fin juin en Méditerranée car soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe, a été autorisé à quitter les eaux territoriales françaises après le paiement d'une amende par son armateur
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 21:34 | mis à jour aujourd'hui à 21:51 - Temps de lecture :
Le pétrolier Deliver, intercepté fin juin en Méditerranée car soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe, a été autorisé à quitter les eaux territoriales françaises après le paiement d'une amende par son armateur pour « défaut de pavillon », ont annoncé jeudi les autorités françaises. La marine française avait arraisonné le Deliver, pétrolier de 275 mètres de long battant pavillon camerounais, le 23 juin au large de la Sicile pour une opération de « contrôle de pavillon », prévue par les conventions internationales.
La navire, en provenance du port pétrolier russe de Primorsk, près de la frontière finlandaise, naviguait en direction de Singapour, via le canal de Suez. Le Deliver, qui figurait sur une liste de « navires radiés du pavillon camerounais » établie le 29 mai par le ministère des Transports de ce pays, avait été escorté par la marine française vers le port de Fos-sur-Mer, près de Marseille, dont le parquet, compétent au titre du tribunal maritime, avait ouvert une enquête pour défaut de pavillon. Il était immobilisé depuis au large de Fos.
Mercredi, « la société propriétaire du navire a été condamnée par le tribunal judiciaire de Marseille dans le cadre d'une procédure de comparution sur reconnaissance de culpabilité (CRPC) à une peine pécuniaire de confiscation (...), pour avoir omis de justifier de la nationalité du navire (défaut de pavillon) », ont indiqué la préfecture maritime de Méditerranée, le parquet de Marseille et la préfecture des Bouches-du-Rhône dans un communiqué commun. Le montant de l'amende, comme dans les cas précédents traités par la juridiction marseillaise, n'a pas été précisé. Suite au paiement, « l'immobilisation du navire a été levée (...) et le Deliver a quitté les eaux territoriales françaises », poursuit le communiqué.
Le cinquième pétrolier russe intercepté
Le Deliver, qui figure depuis février 2025 sur la liste des navires sous sanctions de l'Union européenne, est le cinquième pétrolier soupçonné de faire partie de cette flotte fantôme arraisonné depuis septembre 2025 par la France, en pointe dans ce dossier. L'ambassade de Russie en France avait qualifié son interception d'acte de « piraterie », qualificatif déjà utilisé par le Kremlin lors d'une précédente opération de ce type menée par la France.
Avant le Deliver, la France a déjà intercepté les pétroliers Tagor le 31 mai en plein milieu de l'océan Atlantique, Deyna et Grinch, arrêtés en Méditerranée respectivement en mars et janvier 2026, et le Boracay, arraisonné en septembre 2025 au large de Ouessant (Finistère). Le capitaine du Boracay a été condamné fin mars à un an de prison et 150.000 euros d'amende pour « refus d'obtempérer ». Le navire avait auparavant pu quitter la France.
Le Deyna et le Grinch avaient également pu repartir, après de longues semaines d'immobilisation et le paiement d'amendes dans le cadre de procédures de « plaider coupable ». Le montant exact des amendes n'a pas été révélé, mais le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait évoqué « plusieurs millions d'euros » dans le cas du Grinch. Le Tagor a été autorisé début juillet à lever l'ancre après versement d'une amende d'un million d'euros pour défaut de pavillon et refus d'obtempérer.


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