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Le bombardement samedi d’une école à Minab, en Iran, au premier jour des frappes américano-israéliennes dans le pays, pourrait être le fait d’un bombardement américain visant une base navale des Gardiens de la révolution située à proximité, selon une enquête du New York Times.
Ni les États-Unis, ni Israël n’ont confirmé cette frappe et le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré mercredi que le Pentagone menait une enquête, assurant que les forces américaines « ne prennent jamais pour cible des civils ».
L’AFP n’a pas été en mesure d’accéder au site pour vérifier de manière indépendante le bilan ou les circonstances des faits, mais a établi que le bâtiment était proche de deux sites contrôlés par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), la puissante garde idéologique du régime.
S’appuyant sur des images satellites, des publications sur les réseaux sociaux et des vidéos vérifiées, le New York Times a rapporté jeudi que l’école avait été gravement endommagée par une frappe qui a eu lieu en même temps que des attaques contre ces sites.
Les déclarations officielles selon lesquelles les forces américaines attaquaient des cibles navales près du détroit d’Ormuz, à proximité duquel se trouvait la base iranienne, « suggèrent qu’elles étaient les plus susceptibles d’avoir mené la frappe », écrit le New York Times.
De son côté, l’agence de presse Reuters, s’appuyant sur deux responsables américains anonymes, a indiqué jeudi que des enquêteurs militaires américains estimaient « probable » que les forces américaines soient « responsables » de la frappe qui a touché l’école, ajoutant toutefois que les investigations n’étaient pas terminées.
Le bilan total des morts n’a pas encore été confirmé de manière indépendante, mais les autorités et médias d’État iraniens affirment que la frappe a tué plus de 150 personnes, dont de nombreux enfants, à l’école primaire Shajarah Tayyebeh.
De son côté, l’UNICEF a rapporté vendredi un bilan de 168 élèves tués, dont une majorité « d’écolières âgées de 7 à 12 ans ».
L’enquête du New York Times a exclu la frappe d’un missile iranien sur l’école.
S’il se confirme « qu’il s’agit d’une bombe américaine qui a touché (l’école) Shajarah Tayyebeh, une question sera probablement de savoir si la frappe scolaire était une erreur ou si elle a été ciblée sur la base d’informations obsolètes », écrit le journal.
Par ailleurs, une enquête du journal français Le Monde publiée jeudi a attesté la présence d’enfants et de victimes civiles dans le bombardement. « Des jeunes enfants ont bien été tués », écrit Le Monde, qui dit s’être appuyé sur des dizaines de photos et de vidéos.
L’ONU demande une enquête américaine « rapide » et « transparente »
À Genève, le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a dit espérer que l’enquête du Pentagone « sera rapide et qu’elle se déroulera en toute transparence ».
« Nous attendons également que les responsables rendent des comptes, car il est évident que des erreurs ont été commises », et qu’il y aura des « réparations et compensations », a ajouté M. Türk lors d’un point de presse.
« S’agissant d’une école, il s’agit évidemment d’une institution civile qui ne devrait jamais être attaquée », a rappelé M. Türk, manifestant de « sérieuses préoccupations » quant au respect du droit international humanitaire et s’interrogeant « quant au type d’armes utilisées » dans cette attaque présumée.
« Nous attendons également que les responsabilités soient établies, car, de toute évidence, des erreurs ont été commises et la responsabilisation est absolument essentielle, mais aussi des réparations et des indemnisations, ainsi que des garanties claires de non-récurrence », a encore exhorté le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, qui a dit « espérer » se rendre à Washington « plus tard ce mois-ci ».


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