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Selon le gouvernement américain, il aurait reçu « des pots-de-vin pour faciliter le narcotrafic et aider des criminels violents à échapper à la justice ».
Le procureur général de Bolivie, Roger Mariaca, après sa prestation de serment au siège de la vice-présidence à La Paz, le 22 octobre 2024. La police a arrêté, mercredi 30 septembre, le procureur général de Bolivie, Roger Mariaca, deux jours après que les Etats-Unis ont annulé son visa pour de supposés liens avec le narcotrafic, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) une source du gouvernement bolivien.
« L’arrestation du procureur [Mariaca] est confirmée », a affirmé de manière laconique une source du ministère de l’intérieur. Alberto Zevallos, procureur du département de Santa Cruz (Est), également sanctionné par Washington, a été arrêté avec lui, selon la presse locale.
Tous deux ont été inscrits cette semaine sur une liste du département d’Etat américain aux côtés d’une vingtaine de fonctionnaires et d’hommes d’affaires de Bolivie, de Colombie et d’Equateur, accusés de corruption, de liens avec le narcotrafic ou de complot contre leurs gouvernements respectifs. La police a également perquisitionné, mercredi, les bureaux du parquet de Sucre, capitale constitutionnelle de la Bolivie, et des images en direct de ces opérations ont été diffusées sur les réseaux sociaux.
Acte « d’ingérence »
« Nous dénonçons auprès de l’ensemble de la population bolivienne cette intervention qui se déroule de manière illégale », a déclaré Claudia Pardo, responsable de la communication du parquet, alors qu’elle et plusieurs de ses collègues étaient entourés de policiers cagoulés, selon la vidéo. Les responsables du parquet général et de celui de Santa Cruz n’ont pas immédiatement répondu aux sollicitations de l’AFP.
Selon le gouvernement américain, Roger Mariaca a reçu « des pots-de-vin pour faciliter le narcotrafic et aider des criminels violents à échapper à la justice ». Le procureur général, entré en fonction fin 2024, a affirmé dans une déclaration à la presse lundi que cette décision est un acte « d’ingérence » et de « pression politique » à la suite de ses enquêtes.
Le président bolivien de centre droit, Rodrigo Paz Pereira, avait placé le pays sous le régime de l’état d’exception en juin après plusieurs semaines de manifestations antigouvernementales. Le Parlement a prolongé, jeudi 1er octobre, ce dispositif de quatre-vingt-dix jours face aux risques de nouveaux blocages.
Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, le président américain, Donald Trump, s’efforce d’imposer l’hégémonie des Etats-Unis en Amérique latine et dans les Caraïbes, renforçant la lutte contre le trafic de drogue et les cartels.
Le Monde avec AFP


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