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Bolivie : les banques suspendent leurs activités à La Paz, après de violentes manifestations antigouvernementales

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La contestation contre le président bolivien Rodrigo Paz s’est intensifiée lundi dans la capitale, où policiers et manifestants se sont violemment affrontés dans une ville coupée du reste du pays par des barrages routiers.

Plusieurs banques, dont Banco Nacional de Bolivia, Banco de Crédito de Bolivia et Banco Económico et Banco Unión ont fermé mardi certaines de leurs agences du centre de La Paz, capitale de la Bolivie, alors que la ville est en proie à de violentes manifestations antigouvernementales depuis ces dernières semaines. Les clients ont été invités à utiliser les services bancaires en ligne et les distributeurs automatiques.

Mardi, des employés de cinq banques ont indiqué à Reuters que les agences resteraient fermées tant que la situation ne se serait pas apaisée. L’ASOBAN, qui regroupe l’essentiel du secteur bancaire privé, n’a pas souhaité préciser les raisons de ces fermetures, tout en assurant que les banques continuaient de fonctionner partiellement.

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Si le centre de La Paz demeurait relativement calme mardi matin, des manifestants convergeaient vers la ville, tandis qu’une grève des transports publics touchait El Alto, située à proximité. L’accès à la Plaza Murillo, où se trouve le palais présidentiel, était étroitement contrôlé par la police.

La contestation contre le président bolivien Rodrigo Paz s’est intensifiée lundi à La Paz, où policiers et manifestants se sont violemment affrontés dans une ville coupée du reste du pays par des barrages routiers. À peine six mois après son arrivée au pouvoir, le président de centre droit fait face à une pression croissante de paysans, ouvriers, mineurs et enseignants, qui dénoncent la pire crise économique qu’ait connue la Bolivie depuis quatre décennies.

Explosifs artisanaux

Armés d’explosifs artisanaux, de bâtons et de pierres, des manifestants ont tenté d’entrer lundi sur la place Murillo, où se trouve le palais présidentiel, a constaté l’AFP. Des centaines de policiers antiémeutes les ont repoussés à coups de gaz lacrymogènes. «Nous voulons qu’il démissionne parce qu’il est incapable. La Bolivie vit un moment de chaos», a déclaré à l’AFP Ivan Alarcon, un paysan aymara de 60 ans, en référence au président Paz.

Le parquet a annoncé avoir ordonné l’arrestation du chef du principal syndicat ouvrier du pays, Mario Argollo, l’un des leaders des manifestations, accusé notamment «d’incitation publique à commettre des délits» et de «terrorisme». Un groupe de manifestants a pillé un bureau du registre national des biens, emportant du mobilier, des ordinateurs et d’autres équipements, selon des images diffusées par le gouvernement. Les autorités n’avaient pas encore communiqué de bilan des interpellations, mais la chaîne Unitel a fait état de plus d’une centaine d’arrestations. L’AFP a constaté qu’au moins deux personnes avaient été blessées.

Le gouvernement accuse l’ancien président socialiste Evo Morales (2006-2019), sous le coup d’un mandat d’arrêt dans une affaire de traite présumée d’une mineure, d’être derrière les troubles. Les manifestants sont des «opérateurs politiques» utilisés par le leader cocalero pour tenter de revenir «au pouvoir», a déclaré à la chaîne Red Uno le ministre de l’Économie, José Gabriel Espinoza.

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Des partisans d’Evo Morales sont arrivés lundi à La Paz après sept jours de marche depuis le département d’Oruro, réclamant eux aussi le départ du président Paz. Certains craignent qu’il soit prochainement arrêté. Depuis 2024, il vit retranché dans son fief politique du Chapare. Sur son compte X, Evo Morales a exprimé sa solidarité avec les manifestants et qualifié Mario Argollo ainsi que d’autres dirigeants syndicaux de victimes d’une «brutale persécution».

Pire crise économique

La mobilisation s’accompagne depuis plus de deux semaines de barrages routiers qui paralysent les accès à La Paz. L’organisme public Administradora Boliviana de Carreteras recensait lundi soir au moins 32 points de blocage dans tout le pays. Samedi, policiers et militaires avaient réussi à rouvrir temporairement certaines routes d’accès à La Paz après des affrontements avec des manifestants. Mais les protestataires ont repris le contrôle de plusieurs points de blocage le jour même. Le vice-ministre de l’Intérieur et de la Police, Hernan Paredes, a indiqué qu’un manifestant était mort lors de ces affrontements après être tombé dans un fossé.

Ces barrages maintiennent la capitale administrative quasiment coupée du reste du pays, provoquant des pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments. Le gouvernement a annoncé qu’il interviendrait de nouveau mardi sur les routes bloquées afin de mettre en place un nouveau «corridor humanitaire» pendant six heures.

La semaine dernière déjà, plusieurs manifestations antigouvernementales avaient secoué La Paz, sur fond de pénuries de carburant et de forte inflation. La Bolivie traverse sa pire crise économique depuis les années 1980. Le pays a épuisé ses réserves de dollars pour financer les subventions aux carburants, supprimées en décembre. L’inflation sur un an a atteint 14% en avril.

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