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Tout a commencé par une simple visite au bureau de la députée de Nickel Belt, France Gélinas. « C'est une dame qui est venue me voir. C'était quelque chose auquel je n'avais jamais pensé avant », confie-t-elle.
Est-ce que c'est quelque chose dont on a besoin? Est-ce que c'est quelque chose que les gens veulent? Est-ce que c'est quelque chose qui serait utile? La réponse à toutes ces questions-là a été oui et le plus vite sera le mieux, indique celle qui est aussi la porte-parole de la santé pour Nouveau Parti démocratique ontarien.

La députée France Gélinas, qui représente la circonscription de Nickel Belt, affirme que les Ontariens veulent protéger les animaux de tout abus.
Photo : Photo fournie
La députée explique qu’actuellement, plusieurs personnes comparaissent devant la Cour de justice pour maltraitance animale. Leurs noms apparaissent dans les documents judiciaires publics, mais peu de gens les consultent.
L’idée est donc de regrouper ces noms dans une banque de données accessible.
En avoir une de plus, ce n’est pas un gros travail, et c’est quelque chose […] qui irait dans la bonne direction pour protéger nos animaux.
Il y a quand même beaucoup de gens dans le milieu qui aimeraient avoir accès à cette information pour s’assurer que, si tu as sept petits chiots à vendre, la personne qui vient les acheter n’est pas quelqu’un qui vient d’être condamné ou de sortir de prison pour avoir maltraité des animaux, souligne-t-elle.
Un cri du cœur des refuges et des éleveurs
L'urgence de ce registre est alimentée par des histoires qui finissent mal. France Gélinas a entendu de nombreux témoignages de refuges ayant confié des animaux à des individus au passé trouble.
Une histoire qui commence bien : on a des chats, des chiens, ils sont en bonne santé, on les met à vendre, puis, après que ça soit fait […] ils se rendent compte que c’était quelqu’un qui était un abuseur, et l’histoire finit mal, déplore la députée.

Des citoyens demandent un registre pour empêcher les personnes reconnues coupables de maltraitance animale d’adopter des animaux.
Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe
De son côté, l’éleveur professionnel Richard Paquette, qui élève des chiens de race depuis 15 ans, accueille favorablement tout outil visant à sélectionner les acheteurs.
Nous demandons aux [personnes qui veulent adopter] de nous parler un peu d'elles-mêmes, de leur lieu de résidence, de leur mode de vie, des membres de leur famille et des chiens qu'elles ont eus ou qu'elles ont actuellement.
Selon le résident d'Azilda, tout outil permettant de sélectionner les acheteurs de chiots aurait une certaine utilité.
Même son de cloche du côté de la Ville du Grand Sudbury. Si une telle loi est adoptée, le refuge municipal assure qu'il se conformera pleinement aux exigences pour garantir le bien-être des animaux, dit-elle.
Notre priorité est toujours la sécurité et le bien-être des animaux, et nous restons attachés à des pratiques d'adoption responsables et transparentes.
De l'Ontario à la Chambre des communes
Le mouvement prend désormais une ampleur nationale. En Ontario, une pétition a été officiellement déposée à l’Assemblée législative le 21 octobre 2025.

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice soutient la pétition fédérale visant à créer un registre national des abuseurs d’animaux.
Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby
Parallèlement, une pétition fédérale (e-6884), parrainée par le député néo-démocrate dans Rosemont–La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, restera ouverte jusqu’au 18 février 2026.
Le registre viserait entre autres à créer une base nationale pour éviter que les abuseurs ne se déplacent d’une province à l’autre sans être détectés, peut-on lire sur le site de la Chambre des communes.
Le projet prévoit également d'inscrire pendant 10 ans les personnes reconnues coupables ou ayant reconnu leur culpabilité en vertu des articles 445 à 447 du Code criminel.
Comme indiqué sur le site, environ 4000 personnes ont signé la pétition fédérale en date du 7 février.Environ 2000, l'ont fait pour la pétition provinciale, selon France Gélinas.
Pour la députée, l'Ontario ne doit pas attendre le fédéral pour agir, car une initiative fédérale peut parfois ralentir le processus provincial. Malheureusement, on voit souvent de la concurrence entre les deux, ce qui pousse le gouvernement provincial à ne rien faire en attendant de voir ce qui se passe au fédéral, dit-elle.
La réponse au niveau de l'Ontario a quand même été forte, a été unie, a été claire, assure-t-elle.
La responsabilité des acheteurs : Vérifier l'éleveur

Richard Paquette parle de l’importance de vérifier les acheteurs de chiots.
Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau
Richard Paquette souligne toutefois qu'un registre d'abuseurs d'animaux n'est qu'une partie de l'équation.
Celui qui est également juge professionnel à l’Association canadienne des juges de chiens pousse la réflexion plus loin : le public doit aussi faire ses devoirs et vérifier l’éleveur auprès duquel il envisage d’acheter un chiot.
Il y a de bons éleveurs et il y a aussi quelques pommes pourries dans le panier, prévient-il.
Pour cette raison, M. Paquette recommande de consulter le site du Club canin canadien et rappelle que les chiots ne doivent jamais quitter l’éleveur avant 8 à 10 semaines, ils doivent toujours être vaccinés avant de quitter l'éleveur, et l’éleveur doit offrir une certaine garantie et effectuer des tests de santé sur ses chiens.
Si vous avez le sentiment que [l'éleveur] ne va pas vous aider, cela devrait vous alerter, conclut Richard Paquette.


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